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vendredi 27 juin 2008

pharmaciens :profession en danger

Demain les grandes surfaces pourraient vendre certains médicaments.

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mercredi 25 juin 2008

Dépassements d'honoraires :abus sur ordonnances

La facture des dépassements d’honoraires des médecins a explosé. Les associations de patients dénoncent une médecine à deux vitesses.

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mercredi 7 mai 2008

BIBERONS EN PLASTIQUE ATTENTION DANGER

Faut-il interdire les biberons en plastique? C’est la question que se posent très sérieusement le gouvernement canadien au vu des derniers rapports scientifiques mettant en cause le bisphénol A (PBA), une substance chimique qui serait à l’origine de perturbations endocriniennes dans le développement des enfants. À la clef, des troubles hormonaux à l’origine de cas de pubertés précoces chez les filles, une baisse de la fertilité des garçons et des troubles du comportement. L’affaire n’est pas nouvelle. Depuis une quinzaine d’années des dizaines de rapports internationaux ont souligné les effets néfastes de ces produits chimiques qui ont envahi notre quotidien. Récipients divers, tasses, assiettes: le plastique est partout. Et les bisphénols que l’on retrouve aussi dans les boîtes de conserves ne sont pas les seuls en cause. Il y aussi les phtalates dans les bouteilles d’eau minérales ou les PCB qui, 20 ans après leur interdiction, sont encore très présents dans nos fleuves ou dans les saumons que l’on consomme. L’affaire du bisphénol qui ressurgit aujourd’hui vient donc relancer les interrogations sur les conséquences sanitaires de l’utilisation de ces produits. Aux États-Unis, seule la Californie a pour le moment pris une décision d’interdiction mais plusieurs élus démocrates veulent relancer le débat au niveau fédéral sur les dangers de ces produits pour les bébés. De l’autre côté de l’Atlantique, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) envisage de procéder à une réévaluation des effets de cette substance. Bruxelles a déjà interdit la présence du BPA et des phtalates dans les jouets et les articles de puéricultrices. Les biberons en plastique s’ajouteront-ils à la liste au nom du principe de précaution? Anne Corinne Zimmer, une journaliste indépendante n’est pas loin de la penser quand elle prône le retour au biberon en verre (Lire ci-dessous). «Certains experts parlent aujourd’hui clairement de pandémie silencieuse à propos de l’impact sanitaire de ces produits chimiques. Comment expliquer, par exemple, l’augmentation de 30 % des cancers pédiatriques depuis le début des années 1980?» .HERVE MONZAT

Depuis plusieurs années le pôle de toxicologie alimentaire de l’Institut national de recherche agronomique (INRA) de Toulouse travaille sur les effets de ces produits chimiques sur l’organisme. « Nous savons aujourd’hui que ces œstrogènes peuvent provoquer des perturbations endocriennes. Il est clair que ces produits migrent dans l’alimentation et que même à faible doses ils ont des effets . Mais c’est le degré d’exposition et l’effet d’accumulation qui peuvent être dangereux. Pour le moment , en l’absence d’une grande enquête épidémiologique nous sommes encore dans une phase d’exploration pour essayer de définir à partir de recherche chez l’animal les doses admissibles par l’homme», raconte Eric Houdeau chercheur à l’INRA _

_INTERVIEW__ Anne-Corinne Zimmer est journaliste indépendante. Elle a publié « Polluants chimiques, enfants danger». Editions de l’Atelier.

Les biberons en plastique sont-ils dangereux pour la santé des bébés? Depuis une quinzaine d’années des études internationales mettent régulièrement en avant les effets néfastes du bisphénol A sur les récepteurs hormonaux. À l’usage cet œstrogène de synthèse se «détache» du plastique à doses infinitésimales pour se retrouver dans le lait, l’eau ou le jus de fruit. Ce produit serait à l’origine de perturbations du système endocrinien du bébé avec pour conséquences des pubertés précoces chez les filles une baisse de la production de spermatozoïdes chez les garçons, mais aussi des troubles du comportement chez l’enfant . Réchauffer un biberon en plastique augmente-t-il les risques? On sait de manière sûre que sous l’effet de la chaleur la migration du bisphénol A vers le contenu du biberon est plus importante. L’Agence européenne de sécurité des aliments en est d’ailleurs consciente, puisque dans son dernier rapport, elle recommande d’intégrer les effets du chauffage des biberons au four à micro-ondes dans les nouvelles études de toxicité. Faut-il interdire les biberons en plastique comme l’envisage le Canada? En tout cas il faut informer les consommateurs et sans doute faire pression sur l’industrie pour qu’elle n’utilise plus le PBA que l’on retrouve dans la quasi-totalité des gammes de biberons plastique. À ma connaissance, une seule marque n’utilise plus ce produit. La meilleure alternative aujourd’hui, c’est de revenir en biberon en verre. Les enfants sont-ils plus exposés que les adultes aux perturbateurs endocriniens? Les premières années de l’enfance sont des périodes de très grande vulnérabilité à ces polluants chimiques. D’abord parce que le système endocrinien et immunitaire se met en place; ensuite parce que l’enfant subit une charge neurotoxique équivalente à des adultes pour un poids et une taille bien inférieures. Recueilli par H. M.

mardi 15 avril 2008

SCANDALE DU VIOXX

Les risques de décès liés à l'anti-inflammatoire Vioxx du laboratoire Merck dans deux essais cliniques conduits en 2000/2001 avec des patients atteints d'Alzheimer auraient été minimisés à dessein, selon une étude parue le mardi 15 avril rapportée par l'AFP

Une comparaison des données internes du laboratoire américain en 2001 avec les résultats de ces essais cliniques rendus publics en 2004 et 2005 révèle "que la présentation de Merck quant au risque de décès lié au Vioxx chez des malades souffrant d'Alzheimer pourrait avoir été minimisé à dessein", écrivent les auteurs. Merck avait volontairement retiré le Vioxx du marché mondial en septembre 2004 après qu'une étude menée par le laboratoire eut montré que l'anti-inflammatoire non-stéroïdien doublait le risque d'accidents cardiovasculaires graves ou mortels après 18 mois d'utilisation quotidienne. Dans le document interne de Merck datant de 2001 et obtenu dans le cadre des procédures judiciaires auxquelles est confrontée le laboratoire avec le Vioxx, les deux essais cliniques indiquent un triplement du risque de décès avec l'anti-inflammatoire chez les malades souffrant d'Alzheimer. L'analyse des résultats des deux essais cliniques, qui ont porté sur 3.000 personnes, ne mentionnait pas ces données de mortalité, faisant ressortir un risque nettement moindre qui rendait le Vioxx très acceptable par rapport à son efficacité, expliquent les auteurs de ces travaux. Une analyse à grande échelle publiée en novembre 2004 dans la revue médicale britannique The Lancet concluait que le Vioxx aurait dû être retiré du marché des années auparavant alors que les risques cardiovasculaires posés par ce médicament étaient déjà connus. Plus grave : Le laboratoire américain utilisait souvent ses propres employés, des "nègres" et des prête-noms pour rédiger des études cliniques et autres articles sur le Vioxx. Ces études et essais cliniques étaient parfois attribués à un chercheur reconnu ayant peu à voir avec ces travaux ou ne révélant pas toujours un financement reçu du laboratoire, affirment les auteurs de cette analyse publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) daté du 16 avril. Ces médecins, dont le Dr Joseph Ross, de la faculté de médecine Mount Sinai à New York, ont examiné une série d'articles médicaux publiés sur le Vioxx (rofecoxib), un anti-inflammatoire non-stéroïdien lié à une forte augmentation des accidents cardio-vasculaires dont 30 à 40% mortels. "Ces documents indiquent également que les firmes de publication médicale fournissaient des brouillons quasiment complets de manuscrits prêts à être édités par les auteurs", précise le Dr Ross. Selon la FDA, le Vioxx a été responsable de 88.000 à 139.000 attaques cardiaques dont de 30 à 40% ont été probablement fatales pendant les cinq ans de commercialisation de l'anti-inflammatoire. Merck est parvenu en 2007 à un réglement collectif avec la plupart des plaignants pour 4,85 milliards de dollars

En France, la justice n'a pas jugé recevables les plaintes des victimes françaises et notamment celle de Nicole, une Toulousaine (lire ci-dessous).

témoignage

Nicole : « Je veux savoir si le Vioxx a tué mon mari» « Le matin, il s'était réveillé en forme. On avait skié toute la matinée dans les Pyrénées. C'est au moment du repas qu'il a senti une vive douleur dans la poitrine et dans le bras. Le médecin nous a demandé de venir consulter en urgence. Mon mari est mort dans la voiture. Quand le Samu est arrivé, malgré un massage cardiaque que je lui avais prodigué, il n'y avait plus rien à faire… »

Trois ans après, Nicole, une Toulousaine de 54 ans, est toujours sous le choc. Avec une question lancinante : « Je veux savoir si le Vioxx a tué mon mari. Il souffrait d'arthrose cervicale et prenait des anti-inflammatoires depuis des années. Quand ce médicament est arrivé, on nous l'a présenté comme la pilule miracle. Il en a pris pendant six mois. Et quand on a appris que ce médicament pouvait, dans certains cas, provoquer des accidents cardiaques, on a tout stoppé. C'était en octobre 2003. Il est mort en janvier 2004. »

Pour Nicole et ses enfants, impossible de ne pas faire le rapprochement d'autant que, neuf mois plus tard, le Vioxx sera retiré du marché. « La mort de mon mari a été tellement brutale que, pour faire le deuil, il nous fallait comprendre. Mon fils est allé sur Internet et là il a trouvé des études scientifiques qui mettaient en cause ce médicament. Il a trouvé des témoignages de familles qui racontaient exactement la même chose que ce qui est arrivé à mon mari. Si on avait été alertés plus tôt sur les risques, mon mari aurait pu faire l'objet d'une surveillance cardiaque et peut-être il serait encore là. En tout cas, il avait fait un bilan cardiaque avant de prendre du Vioxx et tout allait bien. Mon mari était sportif, il courait même des marathons ». Aujourd'hui Nicole, qui travaille dans le milieu médical, est partagée entre l'incrédulité et la colère : « Je n'en veux pas au médecin qui a prescrit le Vioxx à mon mari. Mais j'ai le sentiment qu'en France, les toubibs ont tendance à prescrire trop et trop vite, souvent en minimisant les risques. C'est pour cela que nous avons rejoint l'Association des victimes d'accidents médicamenteux. La justice française n'a pas reçu notre plainte mais nous espérons beaucoup d'une procédure en nom collectif engagée aux États-Unis contre le laboratoire. Pour enfin connaître la vérité… » Propos recueillis par Hervé Monzat

mardi 8 avril 2008

Médicament : la bataille des prix

Entre les pharmaciens et la grande distribution, la fièvre monte. Leclerc veut vendre des médicaments 25 % moins cher. En coulisses, la bataille des prix sur les produits déremboursés fait rage.
Dans le secteur du médicament, la guerre des prix a commencé. Et c’est une drôle de bataille que s’apprêtent à se livrer les pharmaciens, la grande distribution et les pouvoirs publics.
Dans le secteur du médicament, la guerre des prix a commencé. Et c’est une drôle de bataille que s’apprêtent à se livrer les pharmaciens, la grande distribution et les pouvoirs publics.
Principal enjeu, la baisse des prix mais aussi l’allègement des remboursements de l’Assurance maladie dont le déficit dépasse les 6 milliards d’euros. Un déficit jugé «inacceptable» hier par Éric Woerth le ministre du Budget qui épingle, notamment, le poste médicament et exige de la Sécu quelque 5 milliards d’euros d’économie. Il faut dire qu’avec une facture de 284 euros par an et par habitant, les Français sont les plus gros consommateurs de médicaments en Europe. Une facture qui coûte cher à l’Assurance-maladie: plus de 20 milliards d’euros, soit le tiers des dépenses de soins de ville. Comment faire baisser la facture? En augmentant la pression sur les médecins pour qu’ils prescrivent mieux et moins comme le suggère l’assurance maladie? Possible mais difficile dans un pays où la liberté de prescription des médecins est sacrée et où 90 % des consultations se terminent par une ordonnance.
Ou, deuxième piste, en jouant la concurrence entre les officines pour faire baisser le prix des médicaments ? C’est la voie, semble-t-il, choisie par le gouvernement.
En janvier dernier, Roselyne Bachelot a proposé que les médicaments délivrables sans prescriptions soient mis en libre-service dans les pharmacies d’ici fin 2008. 200 produits seraient concernés dans un premier temps (lire ci-dessous), mais à terme c’est pas moins de 3000 spécialités qui pourraient être éligibles selon la ministre de la Santé.
De la vente en libre-service dans les officines à la distribution de spécialités pharmaceutiques dans les grandes surfaces, il n’y a qu’un pas que Michel-Edouard Leclerc a vite franchi en proposant de distribuer ces médicaments 25 % moins cher. Le patron des grandes surfaces éponymes s’offre même une sulfureuse campagne de pub sur TF1 et M6 mais aussi dans les journaux pour mettre la pression sur les pouvoirs publics.
À quand pour «deux boîtes achetées, la troisième gratuite?»
C’est cette logique commerciale que le Collectif national des pharmaciens d’officine a dénoncée hier en soulignant la dangerosité d’une banalisation des médicaments.
"Au moment où l'on met en place le dossier médical partagé pour assurer un plus de sécurité aux patients on agite le chiffon rouge de la grande distribution ou des produits délivrés dans nos officines en libre service. C'est dangereux . Aux Etats-Unis une étude a établi que, chaque mois, c'est quelques 450 personnes, l'équivalent d'un Boeing, qui décédaient après l'absoption de médicaments achetés en libre service ; en cause notamment des antalgiques d'usage courant qui avaient provoqué des accidents hépatiques ", raconte Jean-Louis Cazanave, pharmacien à Toulouse Pour le moment, Roselyne Bachelot s’est engagée à préserver le monopole des pharmaciens. Mais jusqu’à quand?
Hervé Monzat

jeudi 13 mars 2008

Sexe : les femmes sans tabous

L'homme n'est plus une bête assoiffée de sexe et la femme une douce colombe en recherche permanente de bon sentiment amoureux. L'image est sans doute caricaturale mais elle résume assez bien la passionnante « Enquête sur la sexualité en France » réalisée par des chercheurs de l'Ined et de l'Inserm.

Car ce que révèle cette étude - troisième du genre après celles menées en 1970 et 1 992 - c'est que les femmes se rattrapent pour ne pas dire s'émancipent de la toute puissance du désir masculin. Longtemps soumises au désir de l'homme, elles ont aujourd'hui des pratiques - toutes générations confondues - qui se rapprochent singulièrement de celles des hommes en matière de précocité des rapports, de nombre de partenaires, de pratiques récréatives mais aussi de longévité sexuelle.

Les filles (17,6 ans) rattrapent les garçons (17,2) pour l'âge du premier rapport sexuel. En un demi-siècle, l'entrée dans la vie sexuelle des hommes s'est abaissée d'un an et demi et celle des femmes de trois ans. Les femmes de plus de 50 ans vivant en couple sont plus actives sexuellement : en 1970, une sur deux avait des rapports sexuels avec son mari (compagnon) aujourd'hui c'est neuf sur dix.

Les femmes déclarent plus de partenaires qu'autrefois (en moyenne 4,4 en 2006), mais toujours moins que les hommes (11,6, chiffre stable depuis 1970). Elles sont aussi plus nombreuses qu'avant à déclarer avoir eu des rapports homosexuels au cours de leur vie (4 % contre 2,6 % en 1992) alors que la proportion reste similaire chez les hommes (4,1 %). « On est aujourd'hui dans une sexualité sans tabou », confirme André Corman, sexologue toulousain (lire ci-dessous). Héritage de mai 1968 dont on s'apprête à célébrer le 40e anniversaire ? Les auteurs de cette étude conduite sur quelque 12 000 Français de 18 à 69 ans ne l'excluent pas. Mais ils insistent surtout sur la révolution apportée par la contraception qui en libérant les ventres de l'angoisse d'une grossesse non désirée a permis aussi une large déculpabilisation des pratiques sexuelles.

« Enquête sur la sexualité en France », Éditions La Découverte, 30 euros. 90% sont satisfaits!

Petit résumé de ce que révèle cette étude sur les pratiques sexuelles des Français.

Masturbation : 90% des hommes s'y adonnent, 60% des femmes.

Fellation : Entrée dans les mœurs sexuelles lors de la dernière décennie , 2/3 des femmes la pratiquent, 85% des hommes le cunnilingus, tandis que 37% des femmes et 45% des hommes ont déjà fait l'expérience de la pénétration anale.

Internet : 10% des femmes et13% des hommes s'y rencontrent.

Nombre de rapports : les femmes comme les hommes déclarent neuf rapports par mois. Et s'en disent satisfait à ...90%. «En plein désordre amoureux»

Installé à Toulouse, André Corman est président du syndicat national des médecins sexologues.

Est-ce qu'il y a un décalage entre les conclusions de cette enquête et ce que vous entendez dans l'intimité de votre cabinet ?

Non, cette étude confirme une évolution lente amorcée il y a une trentaine d'années mais qui constitue aujourd'hui un changement lourd dans les pratiques sexuelles des Français : les femmes abordent désormais la sexualité plus dans la recherche du plaisir que dans l'engagement, n'hésitent pas à s'offrir des sex-toys et se montrent même plus ouvertes que les hommes à l'expérience homosexuelle.

Voit-on de nouvelles pratiques sexuelles apparaître ?

Le point positif, c'est une sexualité de moins en moins diabolisée, plus libérée dans ses pratiques, avec au bout pas, forcément une « figure imposée » : une femme sur cinq et un homme sur trois confient aujourd'hui des rapports sans pénétration. C'est la rançon du safe sex et des années Sida mais aussi la consécration des préliminaires.

Et les hommes dans tout cela ?

Pour résumer, avant, c'était toujours l'homme qui avait envie et la femme mal à la tête. Aujourd'hui un homme sollicité crûment par sa partenaire a toutes les chances de ne pas y arriver, parce qu'il va se sentir enfermé dans l'angoisse de la panne sexuelle. Au fond, le revers de cette nouvelle exigence d'une vie sexuelle épanouie, c'est un nouveau désordre amoureux avec des hommes en recherche de nouveaux repères et des femmes qui rêvent toujours de conjuguer le sexe et les sentiments. Recueillis par H.M.

mardi 22 janvier 2008

Diabète : l'épidémie galopante qui inquiète

L'Assurance maladie a présenté mardi 22 janvier un programme d'accompagnement des personnes diabétiques, proposé dans un premier temps à 136.000 patients dans 10 départements. Baptisé sophia, ce service à la personne s'inscrit dans le plan ministériel présenté en 2007 pour améliorer la qualité de vie des quelque 15 millions de Français atteints de maladies chroniques, a précisé le Dr Dominique de Penanster (ministère de la Santé).

L'expérimentation dans 10 départements (Seine-Saint-Denis, Sarthe, Loiret, Puy-de-Dôme, Alpes-Maritimes, Ariège, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Gers, Tarn) fera l'objet d'une évaluation par un organisme indépendant. Une première vague d'adhésion sera lancée en mars auprès de 90.000 patients, puis une 2e vague en septembre. 6.000 médecins traitants seront concernés.  Le coût global du programme est évalué à 10 millions d'euros par an.

Trois millions de malades en France, plus de 100 000 nouveaux cas par an, en particulier chez les jeunes, la progression du diabète pose un grave problème de santé publique en France.

Midi-Pyrénées n'échappe pas à la règle : en huit ans, le nombre de cas a presque doublé, passant de 60 000 à plus de 100 000 aujourd'hui, soit 5 000 nouveaux cas par an. D'où l'importance du programme national d'accompagnement dont va bénéficier la région à partir de 2008. Un programme expérimental qui va concerner cinq départements - le Tarn, l'Ariège, le Gers, les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne - et plus de trente mille patients. L'information a été officialisée lors de la 5e édition du Salon du Diabète en novembre dernier à Toulouse par l'Association française des diabétiques et l'Assurance maladie, partenaire dans cette opération.

« C'est une véritable opportunité pour les malades de la région qui vont bénéficier de ce programme », explique le Tarnais Gérard Raymond, président national de l'Association française des diabétiques. « C'est important parce que le diabète n'est pas une maladie comme les autres : il faut apprendre à se surveiller en permanence pour la combattre et non la subir. »

Le Dr Michel Combier fait partie du conseil scientifique qui va diriger ce programme : « Le médecin ne peut pas être derrière tous les malades. C e programme va associer le réseau d'infirmières et d'autres professions paramédicales pour délivrer en continu par des fiches ou entretenir une relation téléphonique personnalisée et en continu vers les patients », précise le médecin toulousain.

Conseils sur l'alimentation, exercice physique, examen cardiaque ou ophtalmologique réguliers sont essentiels pour éviter des complications qui peuvent être dramatiques pour le patient et très coûteuses pour l'Assurance maladie : « Il est important que les patients se sentent acteurs de leur propre santé. Parce qu'un diabète qui tourne mal peut avoir des conséquences très graves sur les yeux, les reins ou le cœur des patients. Derrière, il peut se retrouver aveugle, en dialyse, avec des problèmes cardiaques et même des amputations », explique Florence Ocelin pour l'Assurance maladie.

Un tiers des malades de la région, soit 30 000 environ, pourront s'appuyer sur ce réseau de surveillance. Pour apprivoiser la maladie et ses complications.

Témoignage. « Ma vie a basculé en quelques heures»


Tout a commencé par une grosse fatigue, une perte de poids importante (10 kg) et une sensation de soif insatiable. Une prise de sang a suffi pour faire le diagnostic : diabète de type 1, normalement d'origine génétique. Sauf qu'Andy, 22 ans, journaliste, n'a pas d'antécédents familiaux. Il a reçu le diagnostic par téléphone en août dernier et une invitation à se rendre à l'hôpital pour prise en charge immédiate.

« J'ai quitté mon boulot dans la seconde et j'ai compris tout de suite que ma vie aller changer, que plus rien ne serait tout à fait comme avant. J'avais la rage. Je me disais pourquoi moi ? Dans ma tête, le diabète c'était la maladie des vieux qui mangeaient trop de sucre », raconte ce jeune Bigourdan, rugbyman, amateur de fiesta et de bodegas.

De l'hôpital, il en ressortira trois jours plus tard, après avoir été solidement briefé par l'équipe médicale : cinq à six tests glycémiques par jour, quatre piqûres quotidiennes mais surtout une vigilance de tous les instants. « Dans ma nouvelle vie, il n'y a pas de place pour l'imprévu. Et tout est plus compliqué quand je ne suis plus chez moi. Par exemple, plus question d'aller au restaurant sans mallette pour surveiller mon taux d'insuline. C'est vraiment la première grande difficulté que j'ai éprouvée. Être obligé de me piquer quand je suis avec mes copains. Je craignais leur regard, leurs réactions : pourtant tout le monde a bien réagi. Après, rien n'est interdit. Je peux manger de tout à condition de manger équilibré. Par contre, je ne peux plus me lâcher : dès que je bois, je me teste toutes les heures ».

Pareil pour le sport : il peut pratiquer mais en anticipant par des prises de sucre. « J'ai pris conscience de la fragilité de mon corps et de ma nouvelle identité de diabétique. A 22 ans, ce que j'espère, c'est que la recherche va sérieusement se pencher sur cette maladie pour en sortir ».

dimanche 13 janvier 2008

PREVENTION : la france championne du monde

UNE ETUDE BRITANNIQUE DECERNE UN COUP DE CHAPEAU INNATENDU A LA FRANCE PLUS CONNUE JUSQUE LA POUR LA QUALITE DE SES SOINS QUE DE SON SYSTEME DE PREVENTION

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mardi 25 décembre 2007

DOSSIER. Cancer et sexualité : des témoignages pour lever le voile

Du cancer de la prostate ou des testicules qui touche des hommes jeunes à celui du sein, toutes les tumeurs malignes peuvent avoir un retentissement sur la sexualité. Lors d'un Forum lecteur le 15 mars dernier à la Dépêche du Midi consacré à des malades qui avaient vaincu leur cancer, Francine Grémilleux dans un témoignage émouvant avait raconté sans fard comment le cancer avait ravagé sa libido.

Longtemps tabous pour les patients et sous-estimés par les médecins, ces troubles commencent à être plus étudiés et mieux pris en charge. La semaine dernière, ce sujet a été abordé très sérieusement lors d'un congrès médical à Strasbourg. Outre le témoignage de Francine Grémilleux, à lire ci-dessous le compte rendu de l'Agence France Presse sur ce congrès et un papier publié par l'agence Medecine New.

N'hésitez pas à réagir, apporter vos témoignages ou poser vos questions. [cliquez ici]. Nous essaierons d'y répondre .



Témoignage de Francine Gremillet 48 ans, Travaille dans la restauration, Toulouse

Le choc
J'ai appris que j'avais une cancer du sein en 2002. Un cancer explosif m'a dit le médecin qui a fait le diagnostic. A l'époque, je venais d'ouvrir un restaurant et j'ai eu tout de suite l'envie de me battre et de guérir. Deux ans avant, mon mari était décédé d'un cancer et je n'avais pas envie que mes deux enfants deviennent orphelins . L'ablation du sein a été un choc, la perte des cheveux que j'ai trouvés en touffes un jour dans ma baignoire aussi. J'ai beaucoup pleuré : pas des larmes de révolte mais des larmes de l'âme.

Le traitement
Pendant la chimio, je me suis sentie desséchée. J'avais 42 ans, la ménopause est arrivée 10 jours après le début du traitement. Jj'avais des bouffées de chaleur, j'ai passé des nuits à dégouliner. Je n'avais plus de libido, je sentais mon corps sexuellement mort. Je me forçais à avoir des rapports avec mon compagnon de l'époque mais j'avais mal, je multipliais les infections urinaires. En fait j'avais très peur de ressentir son désir. Lui me disait qu'il ne m'avait jamais trouvée aussi belle, moi je n'en pouvais plus. J'ai décidé de le quitter. Cinq plus tard, j'ai retrouvé mes cheveux, ma libido, la santé et un nouveau compagnon. Tout va bien.

Le travail, l'argent
« Je n'aurais jamais imaginé qu'il me tombe autant de choses sur la tête sur le plan administratif par rapport à mon activité professionnelle. J'ai eu l'impression que l'on n'avait pas le droit d'être malade. Un jour, je voyais la fenêtre et j'ai eu franchement envie de sauter et ça n'avait rien à voir avec le cancer.



Comment aider ceux dont le corps n'est plus un allié

Article de l'AFP publié le 23 décembre 2007.
"Je me suis dit: t'es plus une femme, t'es vieille". A la détresse psychologique des patients abîmés par un cancer, des spécialistes ont tenté d'apporter des réponses, centrées autour de l'écoute, lors d'un important congrès à Strasbourg sur la sexualité et le cancer.

Cicatrices, prothèses, perte des cheveux, mauvaises odeurs, ménopause précoce, impuissance, perte de la libido, prise de poids importante: l'image du corps des hommes et des femmes est sévèrement entamée pendant le traitement d'un cancer et leur sexualité s'en ressent. Mais "c'est dans l'après-coup, une fois le traitement terminé, que les patients se rendent compte de ce qui a changé et s'en angoissent", explique Eliane Marx, psychologue et responsable de l'unité de psycho-oncologie du centre Paul-Strauss de Strasbourg, présidente du congrès qui s'est tenu jeudi et vendredi.

Selon Marie-Frédérique Bacqué, docteur en psychologie à Strasbourg, "les chiffres sont alarmants". Un quart des femmes atteintes de cancers gynécologiques et trois quarts des hommes atteints de cancers de la prostate souffrent de dysfonctionnements sexuels. Ces malades sont fréquemment déprimés, mais la majorité de leurs conjoints ou conjointes souffrent également de troubles dépressifs (entre 70 et 76%), selon Mme Bacqué.

"Après un traitement anti-cancer, la majorité des femmes craignent de ne plus être désirables, la majorité des hommes de ne plus être assez performants pour satisfaire leur compagne", explique Eliane Marx, présidente du Congrès de la Société française de psycho-oncologie qui a réuni à Strasbourg 650 participants multidisciplinaires - médecins, psychiatres, psychologues, infirmières, sociologues, anthropologues et représentants d'associations.

La douleur, la fatigue, mais aussi le piège du dégoût éprouvé par son partenaire ou de son propre corps et son cortège de culpabilité divisent des couples pour qui le cancer agit comme un révélateur, et qui, comme tous les autres, doivent aussi affronter la vieillesse.

"Aborder le problème de la sexualité en fin de vie reste un sujet éminemment tabou", regrette Michel Reich du centre anti-cancer Oscar-Lambret à Lille. Pour certains soignants, il est indécent et choquant d'aborder cette problématique avec un patient décharné, en fin de vie, explique-t-il.

Pourtant, estime-t-il, évoquer la sexualité dans ces conditions, "c'est avant tout laisser la possibilité au couple de parler de son histoire singulière, de sa libido et surtout de son amour".

Pour le patient, restaurer l'estime de soi et parvenir à une meilleure gestion du stress est fondamental. C'est pourquoi la principale recommandation du congrès à l'adresse des équipes soignantes est d'apprendre à "être à l'écoute" de ce que n'exprime pas le patient sur sa détresse psychologique, souligne Mme Marx. "Le plus important est d'être à même de repérer ces instants où la partie immergée de l'iceberg est prête à se montrer".

Ce congrès, le premier de cette importance en France, va se prolonger avec l'élaboration, d'ici un an, d'un "guide d'information à l'usage des patients atteints de cancer et de leurs proches sur la vie intime pendant et après un cancer".



Cancer et sexualité : Patients et soignants commencent à lever le voile

Article publié par l'agence Medecinenew le 21 décembre 2007

Quel peut-être l’impact d’un cancer sur la sexualité d’un malade et de son couple ? Quand et comment évoquer le sujet, et que proposer ? Pendant trois jours, le XXIVe congrès de la Société Française de Psycho-Oncologie (19-21 décembre, Strasbourg) a été entièrement consacré à ces questions. Cancérologues, chirurgiens, psychologues, anthropologues, sociologues… De multiples spécialistes ont fait part de leurs expériences, et débattu avec les quelques 800 participants au colloque .

Clairement, la sexualité des malades du cancer fait désormais partie des préoccupations des soignants. « En 20 ans, on est passé du cancer maladie aigue au cancer maladie chronique avec une prise en compte de la qualité de la vie dont fait partie la sexualité. Les oncologues ont dû intégrer le désir de vivre pleinement pendant un cancer », constate le Pr Patrick Dufour, cancérologue à Strasbourg. « L’accélération des progrès médicaux a entraîné une baisse significative de la mortalité, notamment dans le cancer du sein. Alors les exigences changent », confirme le Pr Jean-François Morère, oncologue à l’hôpital Avicenne (voir video ci-contre). Le plan cancer a aussi contribué à cette évolution en accordant plus de moyens et d’importance à la prise en charge psychologique des patients.

Pourtant, comme les confirment les intervenants, toute communication autour du thème de la sexualité reste difficile, pour les malades comme pour l’équipe médicale. « Les patients sont souvent ambivalents, ils aimeraient de l’information mais n’osent pas la demander », avance Eliane Marx, psychologue et présidente du congrès (écouter ci-contre). Peu abordé spontanément dans les consultations, le sujet l’est davantage par écrit, en particulier grâce à l’anonymat d’internet. « Les jeunes et les femmes expriment volontiers leurs problèmes sexuels sur des blogs », note le Pr Marie-Frédérique Bacqué, psychologue à Strasbourg, qui mène une vaste enquête sur le vécu des malades du cancer (notamment via les blogs). Qu'y racontent-ils ? « Beaucoup d’hommes restent dans les stéréotypes de la performance. Les femmes sont plutôt dans l’expression de leur désir, et leur souhait d’être désirées » analyse la psychologue.

Quant aux soignants, ils restent timides pour poser des questions à leurs patients sur leur sexualité, et les prévenir des éventuels troubles liés au traitement. Dans une enquête par questionnaire auprès de plusieurs centaines de femmes traitées pour cancer du sein à l’Institut Curie, 65% se considèrent ainsi mal informées par leur cancérologue sur la question. Manque de formation et de temps, plaident ces spécialistes. Une autre enquête, conduite par Daniel Habold et Pierre Bondil (hôpital de Chambery) confirme le malaise des soignants par rapport au sujet. La quasi-totalité hésite à avoir une « attitude pro-active » vis à vis des patients concernant la sexualité, et leurs savoirs théoriques et pratiques sont jugés « faibles » pour les médecins, « quasi-nuls » pour les non-médecins. Ces soignants sont demandeurs d’une consultation spécialisée, qui va d’ailleurs se mettre en place à l’hôpital de Chambery.

Les troubles de la sexualité sont dus le plus souvent aux traitements

Contrairement à une idée reçue, ce sont plus souvent les traitements que la tumeur elle-même qui induisent des troubles sexuels. « Dans le cancer de la prostate, toutes les thérapeutiques ont un retentissement sur la sexualité, entraînant impuissance, anéjaculation… », assure le Pr Didier Jacqmin (urologue au Chu de Strasbourg). Les ¾ de ces patients souffrent de dysfonction érectile au long cours après traitement.

Les séquelles sexuelles, d’origine vasculaire ou neurologiques, sont également fréquentes après la prise en charge –par chirurgie, radiothérapie…- d’une tumeur des organes sexuels ou située dans le petit bassin.

La problématique est plus complexe pour le cancer du sein, tumeur maligne la plus fréquente chez les femmes (42000 nouveaux cas par an). Baisse du désir, sécheresse vaginale, et douleurs lors des rapports sont les plaintes les plus fréquentes.« Les études montrent qu’au cours de ce cancer, la sexualité est plus altérée par les chimiothérapies que par la chirurgie », relève le Dr Pascale This, gynéco-endocrinologue à l’Institut Curie. Quant à la perte du sein, très symbolique, elle est finalement souvent plus mal vécue par le partenaire que par la patiente elle-même.

Quel que soit le cancer, de nombreux facteurs peuvent entraîner des difficultés sexuelles pour le couple: modifications corporelles (cicatrices, défiguration des cancers ORL, mastectomie, cachexie ou au contraire oedèmes), mais aussi impact de la maladie sur l’état général (fatigue, douleurs, impotence fonctionnelle…). « Les traitements antidépresseurs ou anxiolytiques, les antalgiques peuvent aussi interférer », ajoute le Pr Morère, tout en rappelant que les troubles de la sexualité, au sens large, sont très fréquents en population générale. D’après la littérature internationale, ils concerneraient jusqu’à un tiers des hommes et une femme sur deux…

Apprendre au partenaire à toucher la cicatrice

Selon les spécialistes présents au congrès, une partie des troubles de la sexualité pourrait en tout cas être prévenue par des traitements moins agressifs. « Dans le cancer du sein, il faut essayer d’éviter les ovariectomies intempestives chez les femmes jeunes, et bien peser les bénéfices des chimiothérapies », explique ainsi Pascale This. Médecins et psychologues insistent aussi sur la nécessité d’informer le plus précocement possible, et de s’enquérir d’éventuels troubles au cours du suivi de la maladie. « Il faut parler tôt, avec pudeur et essayer de savoir ce qui pose réellement problème : un conjoint devenu froid, le contexte conjugal… L’enjeu est de redonner confiance au couple, en sachant parler à chacun », conseille l’obstétricien Israël Nisand (Strasbourg).« Chez la femme qui a subi une mammectomie, il est très improtant que le gynécologue comme le partenaire apprennent à toucher la cicatrice, ajoute le sexologue Sylvain Mimoun. Encore faut-il que le partenaire soit à l’aise. Certains hommes me disent, quand je vois ma femme, je vois une morte... ». Mais si le cancer est souvent une épreuve pour un couple, l'expérience n’est pas toujours négative. Dans l’étude menée à Curie chez des femmes traitées pour cancer du sein, une baisse du désir sexuel était signalée par 54% des patientes, mais dans un tiers des cas, la maladie avait rapproché les deux époux. « Je reste impressionnée par le rôle majeur du partenaire. Un nouveau partenaire sexuel est même parfois plus efficace que les traitements qu’on peut proposer », sourit Pascale This.

jeudi 20 décembre 2007

Sexualité. Interview de Brigitte Lahaie

Avez-vous le sentiment d'une escalade du sexe dans les programmes à la TV?

C'est évident. Dans la course à l'audience, le sexe est un argument non négligeable qui fait grimper l'audimat. Alors évidement chacun à ses recettes , son ton , son angle pour en parler de manière plus ou moins pédagogique , plus ou moins rigolote et parfois franchement cru .Mais faut-il s'en inquiéter ? Je ne le crois pas. Si ca marche c'est parce qu'il y a une demande. Et puis, on a tellement de retard à rattraper. Après tout, avec mon émission , je ne peux quand même pas m'occuper de 60 millions de Français... (rires)

Qu'est-ce-qui vous frappe dans les témoignages que vous recevez?

Le fait que les hommes commes les femmes n'arrivent pas à assumer leurs fantasmes. Ils vivent dans une espece de nostalgie fusionnelle, d'idéal de tout partager ensemble qui n'est pas précisement la bonne manière de vivre une sexualité heureuse. Dans la sexualité , l'autre est un " objet" fantasmatique qu'il faut savoir assumer pour prendre son plaisir. Dernierement j'ai eu un homme au téléphone qui m'expliquait que sa femme acceptait de se faire prendre en levrette juste pour lui faire plaisir. Et lui vivait cela mal . Mais où est le problème? A lui ensuite de lui donner des choses par rapport à son plaisir à elle.



Trop de sexe à la télé ne génére-t-il pas au final une angoisse de la performance ?

Ce qui me gène c'est que l'on donne à la sexualité un pouvoir magique qu'elle n'a pas. Bien sûr que quelqu'un qui a une sexualité épanouie se sentira mieux dans son corps , sera plus tolérant et aura moins de chance d'empoisonner la vie des autres . Mais le bonheur sexuel c’est d’abord être bien dans sa peau et cela n’a rien à voir avec lemodèle de la performance vendue dans beaucoup d’émissions aujourd’hui. Mais cette semaine j'ai eu un auditeur terriblement angoissé parce qu'il faisait l'amour tous les jours à sa femme et qu'il avait lu que la norme c'était deux à trois fois par semaine. Alors il était terrifié parce qu'il se demandait s'il était tout à fait normal. D ans mon émission j'essaie surtout d'aprendre aux gens de vivre avec eux même et pas seulement sous l'angle de la sexualité.

Si vous aviez à dresser un diagnostic de la santé sexuelle des Français vous diriez quoi?

Il y a encore beaucoup de femmes que le sexe n'interesse pas et je le regrette. J'entend encore des filles de 20 ans me poser des questions d'une stupéfiante naiveté ; genre , " Est-ce qu'on peut tomber enceinte la première fois que l'on fait l'amour, " ou encore " Est-ce qu'avaler le sperme rend malade?". Je ne suis pas sûre que l'on ait pas encore beaucoup de choses à faire ne matière d'éducation sexuelle. Et puis les enquêtes sur la sexualité des Français en disent long sur les progrès qu'ils ont à faire . Je résume : en moyenne les préliminaires durent 7minutes , alors que l'on sait qu'une femme a besoin de 10 minutes pour se sentir bien. Les rapports durent 5 petites minutes. Epilogue, chacun , l'homme comme la femme reste sur l'impression de ne pas avoir ét à la hauteur de son partenaire.

Quand il vous arrive de vous revoir en actrice porno sur votre télé, vous vous dites quoi?

Je me vois comme une petite soeur qui a fait des bêtises mais qui est plutôt mignonne...

Polluants chimiques : les enfants menacés par une contamination silencieuse

Phtalates, bisphénol A, polychlorobiphényles, pesticides organophosphorés, retardateurs de flamme bromés… Autant de noms barbares derrière lesquels se cachent des milliers de substances chimiques omniprésentes dans notre environnement quotidien et dont les effets à long terme sur la santé peuvent être redoutables. A l’heure où se déroule le Grenelle de l’environnement, une journaliste spécialisée, Anne-Corinne Zimmer, publie un livre-enquête pour alerter sur les dangers des substances chimiques. Dans cet ouvrage elle passe au crible l’ensemble des recherches et données scientifiques internationales qui rendent compte des effets de ces substances sur les organismes en développement des bébés et des jeunes enfants.

Le constat est plus qu’alarmant. Déficits d’attention, pubertés précoces, hausse de l’incidence des cancers chez l’enfant, affections respiratoires, malformations congénitales figurent parmi les impacts identifiés de nombreuses substances chimiques. L’auteur de la préface du livre, Philippe Grandjean, un éminent spécialiste de l’étude des effets de la pollution chimique sur le cerveau en développement, parle même de «pandémie silencieuse ».

Qu’est-ce qui a motivé ce livre et pourquoi avez-vous décidé d’alerter sur les risques que des polluants chimiques du quotidien font courir aux enfants ?

Anne-Corinne Zimmer : Je travaille depuis longtemps sur ces questions des impacts sanitaires attribués à des facteurs environnementaux et au fur et à mesure de mes enquêtes, je me suis rendue compte que la plupart, sinon toutes les études scientifiques, montrent que l’enfant, parce que son organisme est immature et en pleine croissance, constitue une cible privilégiée de l’action de certaines substances chimiques. Il est en effet clairement démontré que les premiers stades de la vie, de la conception aux premières années de l’enfance, sont des périodes de très grande vulnérabilité à la toxicité de ces polluants. D’autant plus, qu’un enfant de 3 à 15 kilos est soumis à la même charge de polluants qu’un adulte et n’a pas les mêmes capacités de les éliminer, sans compter qu’il est encore plus exposé : rapporté à sa stature, il absorbe plus d’eau, de nourriture, respire plus d’air qu’un adulte. Mais surtout, alors que les organisations internationales comme l’OMS, sur la base des travaux des scientifiques, ne cessent d’alerter sur les risques liés à ces expositions pour les plus jeunes, et demandent aux Etats de mettre en œuvre des actions de prévention et d’information, en France, ces messages ne sont pas relayés auprès du grand public. Il y a un manque d’information flagrant.

A la lecture du livre, on éprouve un sentiment de panique tant les éléments dont vous rendez compte sont alarmants.



L’objectif est avant tout d’informer. La connaissance des sources d’exposition à certains toxiques est le préalable pour une action de prévention. Si le livre met en perspective l’état des connaissances liées aux risques des polluants chimiques sur le développement de l’enfant, il est aussi un outil qui permet d’identifier, chez soi, les sources d’exposition à ces polluants dans son environnement proche, et indique également des alternatives dont il est possible de se saisir. Il rappelle aussi les recommandations des organisations sanitaires restées méconnues qui devraient être pourtant diffusées auprès des populations.

Mais, après tout, ce réflexe de panique que vous avez ressenti peut-être salvateur. Il y a en assez de faire l’impasse sur certaines informations, au prétexte de ne pas vouloir effrayer les gens, ce qui est, au demeurant, une attitude typiquement française (nous ne manquons pas d’exemple, de l’amiante à Tchernobyl). Il vaut mieux ouvrir grand les yeux plutôt que de se réveiller 30 ans plus tard en disant je ne savais pas. Aujourd’hui, on a toutes les raisons d’être inquiets, mais cette inquiétude ne doit pas être un frein à l’action. Au contraire.

Comment agissent ces substances chimiques ?

Nombre d’entre elles altèrent le fonctionnement du système endocrinien dont les hormones régissent aussi bien le comportement, le système immunitaire ou reproductif. On dit de ces substances qu’elles sont des « perturbateurs endocriniens » qui ont la particularité d’agir au stade fœtal au moment ou le système hormonal et le système nerveux se mettent en place, mais aussi au cours des premières années de la vie .

Prenons par exemple le cas des polychlorobiphényles (les PCB, commercialisés en France sous le nom de pyralène), des dérivés chimiques chlorés toxiques. Interdits par la loi mais toujours présents dans les écosystèmes, comme cela a été mis en évidence récemment pour le fleuve Rhône, mais aussi pour la plupart des fleuves français. Ils se fixent et s’accumulent dans les tissus graisseux (ils sont lipophiles) des organismes vivants. L’alimentation constitue la principale voie d’exposition aux PCB et les poissons gras sont les principaux pourvoyeurs de ces polluants. Ainsi, chez une femme enceinte, les PCB présents dans son organisme peuvent perturber la thyroïde dont les hormones interfèrent sur le juste positionnement des cellules nerveuses dans le cerveau du fœtus. Mais le mode d’action diffère selon la substance.

Troubles du comportement, hausse de l’incidence des cancers chez l’enfant, pubertés précoces… ces phénomènes figurent parmi les risques identifiés de nombreuses substances chimiques que vous rapportez.

Plusieurs travaux montrent que les perturbateurs endocriniens pourraient être responsables de l’augmentation des malformations sexuelles chez les garçons, comme la non-descente des testicules, de puberté précoces chez les petites filles. On peut également noter qu’ils sont mis en cause dans la hausse des problèmes de fertilité qui atteignent de plus en plus de couples. Nous savons par ailleurs que le nombre de spermatozoïdes chez les hommes a été divisé par deux au cours des dernières décennies et que le nombre de cancers du sein a doublé en France en vingt en, passant de 21 000 nouveaux cas par an à 42 000. Par ailleurs, des substances neurotoxiques sont impliquées dans les difficultés d’apprentissage, de mémorisation, les déficits d’attention, voire dans certains troubles du comportement. Dans plusieurs pays d’Europe du Nord, on conseille aux femmes qui veulent procréer huit mois avant la conception, de ne plus manger de poissons prédateurs comme le thon, le requin ou la baudroie puisqu’ils font partie des espèces les plus contaminées par le méthylmercure, neurotoxique pour le fœtus et le cerveau des jeunes enfants. Ce toxique s’élimine de l’organisme au bout de huit mois. Contrairement aux PCB ou aux dioxines qui ne s’évacuent pas. C’est pourquoi les autorités finlandaises et suédoises ont édicté des recommandations afin que les petites filles et les femmes en âge de procréer ne consomment pas plus d’une fois par mois certaines espèces de poissons gras, les plus chargés en PCB et dioxines. Il s’agit de les protéger contre une accumulation importante à l’âge adulte de ces toxiques qui peuvent s’avérer néfaste pour le fœtus au cours de la grossesse, mais aussi de l’allaitement. Selon l’Organisation mondiale de la santé, 10 à 12% de l’exposition totale aux PCB et dioxines sur une vie entière se produit lors de l’allaitement.

En Allemagne, on propose aux femmes de faire un dosage du taux de dioxine dans leur lait. En France, où les usines d’incinération émettrices de dioxines ont pourtant la part belle, sur cette question, c’est silence radio. Il s’agit pourtant d’actions de prévention indispensables.



Quelles sont, selon-vous, les principales substances chimiques susceptibles de présenter des risques pour la santé de l’enfant et quels conseils pouvez-vous donner aux parents.

Le spectre est large, sans compter les expositions cumulées à une même substance et la multiplicité des expositions. Il y a notamment les phtalates, des assouplisseurs du PVC, qui sont utilisés dans la fabrication de jouets pour enfants, bien qu’une directive européenne a interdit l’emploi de trois d’entre eux, notamment dans les jouets pouvant être mis en bouche. Mais on les retrouve également dans les revêtements pour sols en PVC, massivement présents par exemple dans les crèches et les écoles. Or, l’un de ces phtalates, le Dehp, est toxique pour l’appareil reproducteur. Il peut provoquer des atteintes de la spermatogénèse ou le développement prématuré des seins chez les petites filles. Savez-vous, par exemple, que les biberons en plastique relarguent au cours de leur usage un œstrogène de synthèse, le bisphénol A, dont les recherches en laboratoire ont montré qu’il altère les organes génitaux, diminue la production de spermatozoïdes et peut aussi induire de l’hyperactivité. Il suffit que le biberon soit chauffé ou rayé pour que des traces de bisphénol A se retrouve dans le lait du bébé. Mieux vaut acheter des biberons en verre incassables. Comme il est préférable de choisir un matelas naturel plutôt qu’en mousse polyuréthane traitée aux retardateurs de flamme bromés, neurotoxiques, préférer du bois non traité à l’aggloméré, ou bien des produits de toilette naturels pour la peau de bébé.

Dans votre livre, vous expliquez que, sur les questions de santé environnementale, la France est en retard par rapport à d’autres pays, notamment ceux d’Europe du Nord, du Canada, des Usa. Pour quelle raison ?

La France est en effet très en retard en matière de santé environnementale. Dès 1999, le Canada avait demandé aux familles de se débarrasser des jouets en PVC souple susceptible de contenir des phtalates. La Suède et le Danemark ont banni un retardateur de flamme bromé (le déca-BDE) qui reste autorisé dans le reste de l’Union européenne. Les USA ont lancé une campagne récemment pour que tous les mois, le niveau de plomb dans l’eau des écoles et des crèches soit mesuré. En France, l’Etat n’a même pas mis en œuvre le dépistage de l’exposition au plomb des femmes enceintes que Inserm préconisait en 1999. A l’égard des jeunes générations, il est impératif d’appliquer le principe de précaution. Les collectivités locales doivent se saisir de ces questions. Des élus ont par exemple opté pour des cantines bio. On peut envisager qu’elles intègrent dans les cahiers des charges de leurs appels d’offres, des critères environnementaux concernant par exemple les aménagements intérieurs des lieux d’accueil de la petite enfance. Mais il faut pour cela un signe fort de la part de l’Etat et l’issue du Grenelle de l’environnement pourrait en être l’occasion.

Aujourd’hui, nous avons suffisamment d’information pour agir sans attendre que cette « pandémie silencieuse » progresse, que toutes ces bombes à retardement ne continuent à exploser silencieusement.

Propos reccueillis par Serge Bardy

''« Polluants chimiques, enfants en danger » par Anne-Corinne Zimmer. Mèrede famille, elle est journaliste spécialisée dans l’environnement. Elle a suivi l’élaboration de la Convention de Stockolm sur les polluants organiques persistants. Les Editions de l’atelier. 239 pages. 17 euros.''

mardi 18 décembre 2007

Médicaments à risques...

Santé. La multiplication des accidents médicamenteux, parfois mortels, sème le trouble chez les patients. Les autorités sanitaires sont de plus en plus vigilitantes sur les effets secondaires.

Une pilule contre l'obésité, une autre contre l'acné, une troisième utilisée dans le traitement des ménopauses : point commun, dans les trois cas, il s'agit de médicaments qui pourraient être à l'origine d'accidents rares, mais graves : crises cardiaques, troubles psychiatriques, suicide.

Une véritable série noire pour l'industrie pharmaceutique. Sur le seul mois de novembre, ces trois molécules ont fait l'objet soit de restrictions de prescriptions, soit ont été carrément retirées du marché par les autorités sanitaires.

Cette crise en rappelle une autre : celle du retrait du Vioxx en septembre 2004. Cet anti-inflammatoire vedette des laboratoires Merck, présenté comme une pilule miracle à sa sortie, pourrait être à l'origine d'une série de décès par crise cardiaque. Si la responsabilité du médicament n'est pas scientifiquement établie, le groupe pharmaceutique américain a mis sur la table la semaine dernière pas moins de 5 milliards de dollars pour indemniser les quelque 27 000 plaintes déposées en action collective aux États-Unis. Il faut dire que les avocats des victimes s'appuyaient sur une note interne de Merck montrant que la prise de ce médicament doublait les risques d'accident cardiaques après 18 mois de traitement…

En France, la justice n'a pas jugé recevables les plaintes des victimes françaises et notamment celle de Nicole, une Toulousaine (lire ci-dessous).

Reste que la multiplication, depuis dix ans, des affaires liées aux effets secondaires des médicaments commence à entamer la confiance des patients. Ils n'hésitent plus à se regrouper pour demander des comptes aux géants mondiaux de la pharmacie. Plusieurs classes de médicaments sont de plus en plus souvent mises en cause et notamment les antidépresseurs et anxiolytiques accusés de faciliter le passage à l'acte violent, voire dans certains cas, de favoriser les suicides.

« Mon fils unique s'est suicidé en se jetant par la fenêtre alors qu'il était sous tranquillisant », raconte Georges- Alexandre Imbert qui a créé l'association des victimes d'accidents médicamenteux (1). Depuis, il mène un combat inlassable pour que les risques et les accidents liés aux médicaments soient mieux identifiés. Mais aussi mieux reconnus et mieux indemnisés.

Dossier: Hervé Monzat

(1) 01 41 10 87 00

Nicole : « Je veux savoir si le Vioxx a tué mon mari»

« Le matin, il s'était réveillé en forme. On avait skié toute la matinée dans les Pyrénées. C'est au moment du repas qu'il a senti une vive douleur dans la poitrine et dans le bras. Le médecin nous a demandé de venir consulter en urgence. Mon mari est mort dans la voiture. Quand le Samu est arrivé, malgré un massage cardiaque que je lui avais prodigué, il n'y avait plus rien à faire… »

Trois ans après, Nicole, une Toulousaine de 54 ans, est toujours sous le choc. Avec une question lancinante : « Je veux savoir si le Vioxx a tué mon mari. Il souffrait d'arthrose cervicale et prenait des anti-inflammatoires depuis des années. Quand ce médicament est arrivé, on nous l'a présenté comme la pilule miracle. Il en a pris pendant six mois. Et quand on a appris que ce médicament pouvait, dans certains cas, provoquer des accidents cardiaques, on a tout stoppé. C'était en octobre 2003. Il est mort en janvier 2004. »

Pour Nicole et ses enfants, impossible de ne pas faire le rapprochement d'autant que, neuf mois plus tard, le Vioxx sera retiré du marché. « La mort de mon mari a été tellement brutale que, pour faire le deuil, il nous fallait comprendre. Mon fils est allé sur Internet et là il a trouvé des études scientifiques qui mettaient en cause ce médicament. Il a trouvé des témoignages de familles qui racontaient exactement la même chose que ce qui est arrivé à mon mari. Si on avait été alertés plus tôt sur les risques, mon mari aurait pu faire l'objet d'une surveillance cardiaque et peut-être il serait encore là. En tout cas, il avait fait un bilan cardiaque avant de prendre du Vioxx et tout allait bien. Mon mari était sportif, il courait même des marathons ». Aujourd'hui Nicole, qui travaille dans le milieu médical, est partagée entre l'incrédulité et la colère : « Je n'en veux pas au médecin qui a prescrit le Vioxx à mon mari. Mais j'ai le sentiment qu'en France, les toubibs ont tendance à prescrire trop et trop vite, souvent en minimisant les risques. C'est pour cela que nous avons rejoint l'Association des victimes d'accidents médicamenteux. La justice française n'a pas reçu notre plainte mais nous espérons beaucoup d'une procédure en nom collectif engagée aux États-Unis contre le laboratoire. Pour enfin connaître la vérité… »

CONTROVERSE

Les médicaments peuvent-ils être dangereux ?



oui. Georges-Alexandre Imbert, président de l'Association d'aide aux victimes des accidents des médicaments.

« Le problème c'est qu'aujourd'hui la pression marketing des visiteurs médicaux sur les médecins génère des dérapages. Par exemple, on prescrit trop d'anticholestérol à des gens qui pourraient s'en passer, alors même que les rapports d'expertises judiciaires soulignent clairement le risque de cancer du pancréas. Autre exemple, la façon dont l'industrie pharmaceutique réagit à la montée des génériques (moins chers de 30 % à effet égal) : pour compenser la perte de chiffre d'affaires, la stratégie, c'est de pousser à la consommation. Il faudrait ensuite s'interroger sur la façon dont les autorités sanitaires délivrent les autorisations de mise en marché (AMM) de nouveaux médicaments sur la base d'études fournies clefs en main par le laboratoire. Alors, bien sûr, il y a un système de pharmaco-vigilance derrière. Mais les informations ne remontent pas ou pas assez vite. On s'étonne ensuite qu'il y ait des accidents… »

NON. Chrystel Jouan-Flahaut, Directrice médicale au Leem (syndicat qui regroupe les laboratoires).

« Tous les médicaments sont potentiellement dangereux parce qu'ils contiennent un principe actif qui présente un bénéfice mais aussi des risques. Dire cela ne permet pas de discréditer le médicament qui, avant sa mise en marché, fait l'objet de très longues et très coûteuses études avant de pouvoir être commercialisé. C'est à ce moment-là que nous en savons plus sur les effets secondaires quand il est prescrit au plus grand nombre. Avec, derrière, un système de pharmacovigilance qui s'appuie sur les médecins et les pharmaciens pour faire remonter les effets indésirables. À ce dispositif s'ajoute un plan de gestion des risques cogéré par les industriels et l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé pour surveiller les médicaments tout au long de leur vie. Bien sûr, il y a des accidents. Mais le risque zéro n'existe pas et il faut souligner qu'il y a très peu de produits retirés chaque année du marché : à peine deux par an».

LISTE NOIRE

Ces pilules mises à l'index
VERALIPRIDE, EX AGREAL (Grunenthal). Utilisé dans le traitement des bouffées de chaleur et les troubles psychosomatiques de la femme ménopausée, ce médicament a été retiré du marché en septembre 2007 à la suite de la survenue de différents effets secondaires neurologiques et psychiatriques. L'Espagne l'avait retiré dès 2005, anticipant la décision de l'Agence européenne.

RIMONABANT (Sanofi-Aventis)- Cette pilule anti-obésité, commercialisée chez nous sous le nom d'Acomplia, serait associée à un risque accru d'effets psychiatriques sévères. En Europe, il n'a pas été retiré du marché mais sa prescription a été interdite aux patients prenant des antidépresseurs.

AVANDIA (Glaxosmithkline). L'agence américaine du médicament vient de décider que cet antidiabétique serait désormais vendu avec une mention avertissant les patients sur le risque de crise cardiaque lié à ce produit consommé par 7 millions de personnes dans le monde.

DISTILBENE (UCB pharma). Cette hormone de synthèse a été prescrite à des milliers de femmes entre 1950 et 1977 pour éviter les fausses couches. À l'arrivée, 160 000 enfants nés de patientes traitées avec cette molécule souffrent d'anomalies génitales.

STALTOR (Bayer). Cet anticholestérol a été retiré du marché en août 2 001. Il aurait provoqué quelque 7 500 décès dans le monde.

ZOLOFT (Pfizer). Le géant américain a été mise en cause pour avoir maquillé les résultats des études de cet antidépresseur. Également mis en cause : le Praxil qui pourrait faciliter le passage à l'acte suicidaire.

ISOMERIDE (Servier). Ce coupe faim célèbre a été retiré du marché en 1997 à la suite d'une grave série d'accidents cardiaques. Aux États-Unis, le laboratoire a versé 3,75 millions de dollars pour indemniser 35 000 victimes.