mardi 26 mai 2009
l'inquietante montée des pubertés précoces
Par Hervé Monzat, mardi 26 mai 2009 à 00:51 Santé
Les pesticides, les insecticides et les hormones de synthèse présents dans l'eau ou l'alimentation en question

mardi 26 mai 2009
Par Hervé Monzat, mardi 26 mai 2009 à 00:51 Santé
Les pesticides, les insecticides et les hormones de synthèse présents dans l'eau ou l'alimentation en question
Par Hervé Monzat, mardi 26 mai 2009 à 00:34 Santé
Une étude l'Institut de veille sanitaire (InVS) montre que les jeunes ne goutent guère les fruits et légumes en particulier dans les familles défavorisées.
mercredi 20 mai 2009
Par Hervé Monzat, mercredi 20 mai 2009 à 00:34 Santé
La pilule bleue fait des miracles Le Viagra a levé le tabou du traitement de l'impuissance et des troubles érectiles toutes générations confondues. Témoignage et interview.
Un coin de table dans un bistrot. Sur le mur, un écran plat qui diffuse Michaël Jackson en boucle, un autre plus petit pour jouer au Rapido. Deux cafés, un homme qui parle… Olivier, 42 ans, commerçant, raconte comment le Viagra est entré dans sa vie.
« C'était quelques jours après la Saint Valentin. Je venais de rencontrer une fille vraiment différente. J'avais le sentiment que c'était sérieux, j'avais très envie d'elle, presque trop d'ailleurs. Je la désirais tellement… je sentais que je n'allais pas y arriver… l'angoisse de la panne, la crainte de perdre la personne aimée. »
Le cœur qui s'emballe Un grand classique. Olivier est d'autant moins rassuré qu'il n'a pas eu de rapports sexuels depuis 9 mois. Alors, La pilule bleue fait des miracles Le Viagra a levé le tabou du traitement de l'impuissance et des troubles érectiles toutes générations confondues. Témoignage et interview.
Un coin de table dans un bistrot. Sur le mur, un écran plat qui diffuse Michaël Jackson en boucle, un autre plus petit pour jouer au Rapido. Deux cafés, un homme qui parle… Olivier, 42 ans, commerçant, raconte comment le Viagra est entré dans sa vie.
« C'était quelques jours après la Saint Valentin. Je venais de rencontrer une fille vraiment différente. J'avais le sentiment que c'était sérieux, j'avais très envie d'elle, presque trop d'ailleurs. Je la désirais tellement… je sentais que je n'allais pas y arriver… l'angoisse de la panne, la crainte de perdre la personne aimée. »
Le cœur qui s'emballe Un grand classique. Olivier est d'autant moins rassuré qu'il n'a pas eu de rapports sexuels depuis 9 mois. Alors, il se lance. Il pousse la porte d'un médecin sexologue, qu'il connaît comme client, pour demander une ordonnance de Viagra : « Pas plus difficile que d'aller acheter ses premiers préservatifs chez un pharmacien à 15 ans », assure-t-il. Le jour J, il avale la petite pilule bleue avant de recevoir son amie. « J'ai juste pris un quart de la dose. Le résultat a été au delà de mes espérances. J'ai pu faire l'amour plusieurs fois dans la nuit avec chaque fois une érection très ferme. Je n'avais jamais eu de problème d'éjaculation précoce, mais là j'ai senti que la jouissance montait beaucoup plus progressivement qu'à l'habitude ».
Quid des effets secondaires ? « Non, rien de désagréable. J'avais juste après chaque rapport, la sensation d'avoir le cœur qui s'emballait légèrement ».
Olivier ne dit rien à sa compagne. Il va utiliser le Viagra pendant les trois premières semaines. Le temps de retrouver totalement sa confiance. « Ensuite j'ai arrêté parce que je ne voulais pas devenir accro. Dans ma tête, le Viagra était une béquille à durée limitée même si lorsqu'on l'a essayé, la tentation d'en avoir toujours sous la main pour éviter la panne est forte. Moi, ce que je recherche, c'est l'équilibre avec quelqu'un. Je n'ai pas eu une vie sentimentale malheureuse mais, avec le recul, je me rends compte que les longues journées de boulot et le stress ont bouffé ma vie. À quarante ans, j'étais un désabusé de l'amour malgré des aventures et quelques expériences courtes de vie en couple. Aujourd'hui, j'ai envie de dédramatiser. En amour, quand on veut trop bien faire, l'échec n'est pas loin. Avec la maturité, j'arrive à me libérer de l'angoisse de la performance. Mais ne nous voilons pas la face : pour un homme, bien bander, c'est le départ de tout. Alors pourquoi se passer de ces produits pour se libérer la tête ? » A-t-il pour autant le sentiment de s'être dopé ? « Non, même si vraiment ça aide tellement qu'à un moment on se sent « le roi de la piste ». Mais c'est vrai que j'ai pris le produit en cachette sans rien dire à ma copine… » Pourquoi ? Embarras de l'intéressé… « Parce qu'au fond je ne voulais pas qu'elle puisse penser une seconde que je prenais du Viagra parce qu'elle ne m'excitait pas assez… »
Hervé Monzat
Docteur Corman : « On peut l'essayer de 18 à 98 ans » Dr André Corman, président des médecins sexologues de France. Rencontre.
LA DÉPÊCHE DU MIDI : Le Viagra a-t-il révolutionné le traitement de l'impuissance ?
André CORMAN : Il a fait beaucoup mieux. Il a permis de booster la connaissance des dysfonctionnements érectiles, de mieux les comprendre et les traiter mais aussi de briser le tabou de la panne sexuelle. En dix ans, j'ai vu des hommes de tous âges pousser la porte de mon cabinet avec le formidable espoir de retrouver une sexualité. Cette médicalisation a permis d'évacuer la honte, mais elle a aussi marqué la reconnaissance de la relation entre vie sexuelle et santé. C'est une idée qui n'est pas toujours facile à faire passer chez les médecins généralistes : beaucoup restreignent la prescription de Viagra aux dysfonctions érectiles organiques. Pour d'autres encore, ne pas avoir d'érection n'est pas une maladie, surtout passé un certain âge.
DDM: Justement y-a-t-il un âge limite ?
A.C. : Non. Il faut arrêter de penser que le Viagra est réservé aux vieux. On peut en prendre de 18 à 98 ans. On sait qu'après 50 ans, 20 à 30 % des hommes souffrent de troubles de l'érection. Mais la grande révolution du Viagra, c'est d'avoir bouleversé le traitement de l'anxiété, la peur de l'échec et l'angoisse de la performance qui concernent tous les hommes. Mon patient le plus âgé a 92 ans. J'ai aussi en consultation un couple de 79 et 81 ans qui veut retrouver une vie sexuelle après trente ans de vaches maigres.
DDM : Le Viagra est-il efficace ?
A.C. : Oui et son effet dure 6 heures après la prise. Ce qui ne signifie pas qu'il provoque une érection en continu comme certains le croient à tort. Mais qu'avec une stimulation, le patient pourra avoir plusieurs rapports.
DDM : Et les effets secondaires ?
A.C. : Les contre-indications concernent les patients atteints de pathologies cardio-respiratoires, ou qui ont subi un infarctus dans les mois précédents. En cas surdosage, le patient peut avoir mal à la tête et risque des chutes de tension. Pour le reste, il faut répéter que c'est un médicament, qu'il ne peut s'administrer sans consultation et sans diagnostic et que ce n'est pas une pilule miracle.
DDM : N'y-t-il pas un risque de dérapage dans le dopage ?
A.C. : Que les gens vivent aujourd'hui la sexualité sous une forme plus récréative est plutôt une bonne nouvelle, et toutes les études le confirment. Mais le Viagran'est pas un dopant de la vie sexuelle : seulement une bonne béquille pour passer un cap difficile. Au fond, le Viagra est plus connu que consommé. Comme le sexe, tout le monde en parle, mais beaucoup moins le pratiquent.
DDM : Le Viagra renvoie à la figure de l'érection, mais ce n'est qu'une figure de la sexualité…
A.C. : C'est un passage primaire. On commence à rétablir l'érection et ensuite on parle de la sexualité dans tous ses aspects.
Pratique Comment ça marche ? Composé de sildénafil, le Viagra, délivré seulement sur ordonnance, est utilisé pour traiter les troubles de l'érection.Il restaure la fonction érectile dans des conditions naturelles - avec une stimulation sexuelle - en augmentant le flux sanguin vers le pénis. Il doit être pris 30 minutes à 1 h avant le rapport sexuel et son délai d'action médian est de 25 minutes. Le Viagra peut entraîner des effets secondaires, il est contre-indiqué chez les hommes souffrant d' un angor (angine de poitrine) sévère ou d'une insuffisance cardiaque grave.
Les autres moyens Le Viagra a désormais des concurrents : le Cialis produit les laboratoires Lily et le Levitra mis sur le marché par Bayer-Glaxosmithkline.
Diverses substances naturelles permettraient ent aussi de donner un « coup de fouet » aux hommes - et aux femmes - souffrant d'une baisse de libido : le fameux « bois bandé » très prisé des Antillais, des produits à base de galanga, une plante indienne censée accroître l'énergie sexuelle, d'autres à base de maca, une plante péruvienne. Les Israéliens étudient le venin de trois araignées sud-africaines dont la piqûre est mortelle mais dont les toxines, à faible dose, donnent, dit-on, de bons résultats!
mercredi 13 mai 2009
Par Hervé Monzat, mercredi 13 mai 2009 à 18:51 Santé

vendredi 13 mars 2009
Par Hervé Monzat, vendredi 13 mars 2009 à 00:36 Santé
En 2007, 500 refus de soins ont été signalés à l’assurance-maladie. Le gouvernement a décidé de serrer la vis et d’inscrire le testing auprès des professionnels de santé dans la loi. Un procédé qui soulève beaucoup d’indignation et de question.
lundi 23 février 2009
Par Hervé Monzat, lundi 23 février 2009 à 17:02 Santé
Des dispositions visant à limiter les dégustations contenu dans la loi " Hôpital santé et territoire" et une déclaration de l'Institut national cancer selon laquelle le vin serait dangereux au premier verre inquiétent beaucoup les professionnels de la filière viticole
jeudi 5 février 2009
Par Hervé Monzat, jeudi 5 février 2009 à 17:06 Santé
Président de la Mutualité Française Midi-Pyrénées, Pierre-Jean GRACIA réagit à la la mise en ligne des tarifs des consultations pour des actes techniques sur le site AMELI de l'Assurance maladie. Pour lui il s'agit bien d' une nouvelle étape vers la transparence tarifaire liée aux dépassements d’honoraires. Mais si cette transparence est nécessaire, elle n’est néanmoins pas suffisante, au regard des inégalités alarmantes que peuvent entraîner de telles pratiques.
mardi 6 janvier 2009
Par Hervé Monzat, mardi 6 janvier 2009 à 12:44 Santé
Un remarquable ouvrage écrit par trois épidémiologistes de l'INSERM montre que notre systéme de soins loi de réduire les inégalités parfois les aggrave.
vendredi 27 juin 2008
Par Hervé Monzat, vendredi 27 juin 2008 à 19:20 Santé
Demain les grandes surfaces pourraient vendre certains médicaments.
mercredi 25 juin 2008
Par Hervé Monzat, mercredi 25 juin 2008 à 01:04 Santé
La facture des dépassements d’honoraires des médecins a explosé. Les associations de patients dénoncent une médecine à deux vitesses.
mercredi 7 mai 2008
Par Hervé Monzat, mercredi 7 mai 2008 à 19:08 Santé
Faut-il interdire les biberons en plastique? C’est la question que se posent très sérieusement le gouvernement canadien au vu des derniers rapports scientifiques mettant en cause le bisphénol A (PBA), une substance chimique qui serait à l’origine de perturbations endocriniennes dans le développement des enfants. À la clef, des troubles hormonaux à l’origine de cas de pubertés précoces chez les filles, une baisse de la fertilité des garçons et des troubles du comportement. L’affaire n’est pas nouvelle. Depuis une quinzaine d’années des dizaines de rapports internationaux ont souligné les effets néfastes de ces produits chimiques qui ont envahi notre quotidien. Récipients divers, tasses, assiettes: le plastique est partout. Et les bisphénols que l’on retrouve aussi dans les boîtes de conserves ne sont pas les seuls en cause. Il y aussi les phtalates dans les bouteilles d’eau minérales ou les PCB qui, 20 ans après leur interdiction, sont encore très présents dans nos fleuves ou dans les saumons que l’on consomme. L’affaire du bisphénol qui ressurgit aujourd’hui vient donc relancer les interrogations sur les conséquences sanitaires de l’utilisation de ces produits. Aux États-Unis, seule la Californie a pour le moment pris une décision d’interdiction mais plusieurs élus démocrates veulent relancer le débat au niveau fédéral sur les dangers de ces produits pour les bébés. De l’autre côté de l’Atlantique, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) envisage de procéder à une réévaluation des effets de cette substance. Bruxelles a déjà interdit la présence du BPA et des phtalates dans les jouets et les articles de puéricultrices. Les biberons en plastique s’ajouteront-ils à la liste au nom du principe de précaution? Anne Corinne Zimmer, une journaliste indépendante n’est pas loin de la penser quand elle prône le retour au biberon en verre (Lire ci-dessous). «Certains experts parlent aujourd’hui clairement de pandémie silencieuse à propos de l’impact sanitaire de ces produits chimiques. Comment expliquer, par exemple, l’augmentation de 30 % des cancers pédiatriques depuis le début des années 1980?» .HERVE MONZAT
Depuis plusieurs années le pôle de toxicologie alimentaire de l’Institut national de recherche agronomique (INRA) de Toulouse travaille sur les effets de ces produits chimiques sur l’organisme. « Nous savons aujourd’hui que ces œstrogènes peuvent provoquer des perturbations endocriennes. Il est clair que ces produits migrent dans l’alimentation et que même à faible doses ils ont des effets . Mais c’est le degré d’exposition et l’effet d’accumulation qui peuvent être dangereux. Pour le moment , en l’absence d’une grande enquête épidémiologique nous sommes encore dans une phase d’exploration pour essayer de définir à partir de recherche chez l’animal les doses admissibles par l’homme», raconte Eric Houdeau chercheur à l’INRA
_
_INTERVIEW__ Anne-Corinne Zimmer est journaliste indépendante. Elle a publié « Polluants chimiques, enfants danger». Editions de l’Atelier.
Les biberons en plastique sont-ils dangereux pour la santé des bébés? Depuis une quinzaine d’années des études internationales mettent régulièrement en avant les effets néfastes du bisphénol A sur les récepteurs hormonaux. À l’usage cet œstrogène de synthèse se «détache» du plastique à doses infinitésimales pour se retrouver dans le lait, l’eau ou le jus de fruit. Ce produit serait à l’origine de perturbations du système endocrinien du bébé avec pour conséquences des pubertés précoces chez les filles une baisse de la production de spermatozoïdes chez les garçons, mais aussi des troubles du comportement chez l’enfant . Réchauffer un biberon en plastique augmente-t-il les risques? On sait de manière sûre que sous l’effet de la chaleur la migration du bisphénol A vers le contenu du biberon est plus importante. L’Agence européenne de sécurité des aliments en est d’ailleurs consciente, puisque dans son dernier rapport, elle recommande d’intégrer les effets du chauffage des biberons au four à micro-ondes dans les nouvelles études de toxicité. Faut-il interdire les biberons en plastique comme l’envisage le Canada? En tout cas il faut informer les consommateurs et sans doute faire pression sur l’industrie pour qu’elle n’utilise plus le PBA que l’on retrouve dans la quasi-totalité des gammes de biberons plastique. À ma connaissance, une seule marque n’utilise plus ce produit. La meilleure alternative aujourd’hui, c’est de revenir en biberon en verre. Les enfants sont-ils plus exposés que les adultes aux perturbateurs endocriniens? Les premières années de l’enfance sont des périodes de très grande vulnérabilité à ces polluants chimiques. D’abord parce que le système endocrinien et immunitaire se met en place; ensuite parce que l’enfant subit une charge neurotoxique équivalente à des adultes pour un poids et une taille bien inférieures. Recueilli par H. M.
mardi 15 avril 2008
Par Hervé Monzat, mardi 15 avril 2008 à 23:14 Santé
Les risques de décès liés à l'anti-inflammatoire Vioxx du laboratoire Merck dans deux essais cliniques conduits en 2000/2001 avec des patients atteints d'Alzheimer auraient été minimisés à dessein, selon une étude parue le mardi 15 avril rapportée par l'AFP
Une comparaison des données internes du laboratoire américain en 2001 avec les résultats de ces essais cliniques rendus publics en 2004 et 2005 révèle "que la présentation de Merck quant au risque de décès lié au Vioxx chez des malades souffrant d'Alzheimer pourrait avoir été minimisé à dessein", écrivent les auteurs. Merck avait volontairement retiré le Vioxx du marché mondial en septembre 2004 après qu'une étude menée par le laboratoire eut montré que l'anti-inflammatoire non-stéroïdien doublait le risque d'accidents cardiovasculaires graves ou mortels après 18 mois d'utilisation quotidienne. Dans le document interne de Merck datant de 2001 et obtenu dans le cadre des procédures judiciaires auxquelles est confrontée le laboratoire avec le Vioxx, les deux essais cliniques indiquent un triplement du risque de décès avec l'anti-inflammatoire chez les malades souffrant d'Alzheimer. L'analyse des résultats des deux essais cliniques, qui ont porté sur 3.000 personnes, ne mentionnait pas ces données de mortalité, faisant ressortir un risque nettement moindre qui rendait le Vioxx très acceptable par rapport à son efficacité, expliquent les auteurs de ces travaux. Une analyse à grande échelle publiée en novembre 2004 dans la revue médicale britannique The Lancet concluait que le Vioxx aurait dû être retiré du marché des années auparavant alors que les risques cardiovasculaires posés par ce médicament étaient déjà connus. Plus grave : Le laboratoire américain utilisait souvent ses propres employés, des "nègres" et des prête-noms pour rédiger des études cliniques et autres articles sur le Vioxx. Ces études et essais cliniques étaient parfois attribués à un chercheur reconnu ayant peu à voir avec ces travaux ou ne révélant pas toujours un financement reçu du laboratoire, affirment les auteurs de cette analyse publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) daté du 16 avril. Ces médecins, dont le Dr Joseph Ross, de la faculté de médecine Mount Sinai à New York, ont examiné une série d'articles médicaux publiés sur le Vioxx (rofecoxib), un anti-inflammatoire non-stéroïdien lié à une forte augmentation des accidents cardio-vasculaires dont 30 à 40% mortels. "Ces documents indiquent également que les firmes de publication médicale fournissaient des brouillons quasiment complets de manuscrits prêts à être édités par les auteurs", précise le Dr Ross. Selon la FDA, le Vioxx a été responsable de 88.000 à 139.000 attaques cardiaques dont de 30 à 40% ont été probablement fatales pendant les cinq ans de commercialisation de l'anti-inflammatoire. Merck est parvenu en 2007 à un réglement collectif avec la plupart des plaignants pour 4,85 milliards de dollars
En France, la justice n'a pas jugé recevables les plaintes des victimes françaises et notamment celle de Nicole, une Toulousaine (lire ci-dessous).
témoignage
Nicole : « Je veux savoir si le Vioxx a tué mon mari» « Le matin, il s'était réveillé en forme. On avait skié toute la matinée dans les Pyrénées. C'est au moment du repas qu'il a senti une vive douleur dans la poitrine et dans le bras. Le médecin nous a demandé de venir consulter en urgence. Mon mari est mort dans la voiture. Quand le Samu est arrivé, malgré un massage cardiaque que je lui avais prodigué, il n'y avait plus rien à faire… »
Trois ans après, Nicole, une Toulousaine de 54 ans, est toujours sous le choc. Avec une question lancinante : « Je veux savoir si le Vioxx a tué mon mari. Il souffrait d'arthrose cervicale et prenait des anti-inflammatoires depuis des années. Quand ce médicament est arrivé, on nous l'a présenté comme la pilule miracle. Il en a pris pendant six mois. Et quand on a appris que ce médicament pouvait, dans certains cas, provoquer des accidents cardiaques, on a tout stoppé. C'était en octobre 2003. Il est mort en janvier 2004. »
Pour Nicole et ses enfants, impossible de ne pas faire le rapprochement d'autant que, neuf mois plus tard, le Vioxx sera retiré du marché. « La mort de mon mari a été tellement brutale que, pour faire le deuil, il nous fallait comprendre. Mon fils est allé sur Internet et là il a trouvé des études scientifiques qui mettaient en cause ce médicament. Il a trouvé des témoignages de familles qui racontaient exactement la même chose que ce qui est arrivé à mon mari. Si on avait été alertés plus tôt sur les risques, mon mari aurait pu faire l'objet d'une surveillance cardiaque et peut-être il serait encore là. En tout cas, il avait fait un bilan cardiaque avant de prendre du Vioxx et tout allait bien. Mon mari était sportif, il courait même des marathons ». Aujourd'hui Nicole, qui travaille dans le milieu médical, est partagée entre l'incrédulité et la colère : « Je n'en veux pas au médecin qui a prescrit le Vioxx à mon mari. Mais j'ai le sentiment qu'en France, les toubibs ont tendance à prescrire trop et trop vite, souvent en minimisant les risques. C'est pour cela que nous avons rejoint l'Association des victimes d'accidents médicamenteux. La justice française n'a pas reçu notre plainte mais nous espérons beaucoup d'une procédure en nom collectif engagée aux États-Unis contre le laboratoire. Pour enfin connaître la vérité… » Propos recueillis par Hervé Monzat
mardi 8 avril 2008
Par Hervé Monzat, mardi 8 avril 2008 à 11:23 Santé
jeudi 13 mars 2008
Par Hervé Monzat, jeudi 13 mars 2008 à 23:26 Santé
L'homme n'est plus une bête assoiffée de sexe et la femme une douce colombe en recherche permanente de bon sentiment amoureux. L'image est sans doute caricaturale mais elle résume assez bien la passionnante « Enquête sur la sexualité en France » réalisée par des chercheurs de l'Ined et de l'Inserm.
Car ce que révèle cette étude - troisième du genre après celles menées en 1970 et 1 992 - c'est que les femmes se rattrapent pour ne pas dire s'émancipent de la toute puissance du désir masculin. Longtemps soumises au désir de l'homme, elles ont aujourd'hui des pratiques - toutes générations confondues - qui se rapprochent singulièrement de celles des hommes en matière de précocité des rapports, de nombre de partenaires, de pratiques récréatives mais aussi de longévité sexuelle.
Les filles (17,6 ans) rattrapent les garçons (17,2) pour l'âge du premier rapport sexuel. En un demi-siècle, l'entrée dans la vie sexuelle des hommes s'est abaissée d'un an et demi et celle des femmes de trois ans. Les femmes de plus de 50 ans vivant en couple sont plus actives sexuellement : en 1970, une sur deux avait des rapports sexuels avec son mari (compagnon) aujourd'hui c'est neuf sur dix.
Les femmes déclarent plus de partenaires qu'autrefois (en moyenne 4,4 en 2006), mais toujours moins que les hommes (11,6, chiffre stable depuis 1970). Elles sont aussi plus nombreuses qu'avant à déclarer avoir eu des rapports homosexuels au cours de leur vie (4 % contre 2,6 % en 1992) alors que la proportion reste similaire chez les hommes (4,1 %). « On est aujourd'hui dans une sexualité sans tabou », confirme André Corman, sexologue toulousain (lire ci-dessous). Héritage de mai 1968 dont on s'apprête à célébrer le 40e anniversaire ? Les auteurs de cette étude conduite sur quelque 12 000 Français de 18 à 69 ans ne l'excluent pas. Mais ils insistent surtout sur la révolution apportée par la contraception qui en libérant les ventres de l'angoisse d'une grossesse non désirée a permis aussi une large déculpabilisation des pratiques sexuelles.
« Enquête sur la sexualité en France », Éditions La Découverte, 30 euros. 90% sont satisfaits!
Petit résumé de ce que révèle cette étude sur les pratiques sexuelles des Français.
Masturbation : 90% des hommes s'y adonnent, 60% des femmes.
Fellation : Entrée dans les mœurs sexuelles lors de la dernière décennie , 2/3 des femmes la pratiquent, 85% des hommes le cunnilingus, tandis que 37% des femmes et 45% des hommes ont déjà fait l'expérience de la pénétration anale.
Internet : 10% des femmes et13% des hommes s'y rencontrent.
Nombre de rapports : les femmes comme les hommes déclarent neuf rapports par mois. Et s'en disent satisfait à ...90%. «En plein désordre amoureux»
Installé à Toulouse, André Corman est président du syndicat national des médecins sexologues.
Est-ce qu'il y a un décalage entre les conclusions de cette enquête et ce que vous entendez dans l'intimité de votre cabinet ?
Non, cette étude confirme une évolution lente amorcée il y a une trentaine d'années mais qui constitue aujourd'hui un changement lourd dans les pratiques sexuelles des Français : les femmes abordent désormais la sexualité plus dans la recherche du plaisir que dans l'engagement, n'hésitent pas à s'offrir des sex-toys et se montrent même plus ouvertes que les hommes à l'expérience homosexuelle.
Voit-on de nouvelles pratiques sexuelles apparaître ?
Le point positif, c'est une sexualité de moins en moins diabolisée, plus libérée dans ses pratiques, avec au bout pas, forcément une « figure imposée » : une femme sur cinq et un homme sur trois confient aujourd'hui des rapports sans pénétration. C'est la rançon du safe sex et des années Sida mais aussi la consécration des préliminaires.
Et les hommes dans tout cela ?
Pour résumer, avant, c'était toujours l'homme qui avait envie et la femme mal à la tête. Aujourd'hui un homme sollicité crûment par sa partenaire a toutes les chances de ne pas y arriver, parce qu'il va se sentir enfermé dans l'angoisse de la panne sexuelle. Au fond, le revers de cette nouvelle exigence d'une vie sexuelle épanouie, c'est un nouveau désordre amoureux avec des hommes en recherche de nouveaux repères et des femmes qui rêvent toujours de conjuguer le sexe et les sentiments. Recueillis par H.M.
mardi 22 janvier 2008
Par Hervé Monzat, mardi 22 janvier 2008 à 17:15 Santé