ladepeche.fr

mardi 26 mai 2009

l'inquietante montée des pubertés précoces

Les pesticides, les insecticides et les hormones de synthèse présents dans l'eau ou l'alimentation en question

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Les enfants boudent lesfruits et légumes

Une étude l'Institut de veille sanitaire (InVS) montre que les jeunes ne goutent guère les fruits et légumes en particulier dans les familles défavorisées.

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mercredi 20 mai 2009

Enquete sur le viagra dix ans après

La pilule bleue fait des miracles Le Viagra a levé le tabou du traitement de l'impuissance et des troubles érectiles toutes générations confondues. Témoignage et interview.

Un coin de table dans un bistrot. Sur le mur, un écran plat qui diffuse Michaël Jackson en boucle, un autre plus petit pour jouer au Rapido. Deux cafés, un homme qui parle… Olivier, 42 ans, commerçant, raconte comment le Viagra est entré dans sa vie.

« C'était quelques jours après la Saint Valentin. Je venais de rencontrer une fille vraiment différente. J'avais le sentiment que c'était sérieux, j'avais très envie d'elle, presque trop d'ailleurs. Je la désirais tellement… je sentais que je n'allais pas y arriver… l'angoisse de la panne, la crainte de perdre la personne aimée. »

Le cœur qui s'emballe Un grand classique. Olivier est d'autant moins rassuré qu'il n'a pas eu de rapports sexuels depuis 9 mois. Alors, La pilule bleue fait des miracles Le Viagra a levé le tabou du traitement de l'impuissance et des troubles érectiles toutes générations confondues. Témoignage et interview.

Un coin de table dans un bistrot. Sur le mur, un écran plat qui diffuse Michaël Jackson en boucle, un autre plus petit pour jouer au Rapido. Deux cafés, un homme qui parle… Olivier, 42 ans, commerçant, raconte comment le Viagra est entré dans sa vie.

« C'était quelques jours après la Saint Valentin. Je venais de rencontrer une fille vraiment différente. J'avais le sentiment que c'était sérieux, j'avais très envie d'elle, presque trop d'ailleurs. Je la désirais tellement… je sentais que je n'allais pas y arriver… l'angoisse de la panne, la crainte de perdre la personne aimée. »

Le cœur qui s'emballe Un grand classique. Olivier est d'autant moins rassuré qu'il n'a pas eu de rapports sexuels depuis 9 mois. Alors, il se lance. Il pousse la porte d'un médecin sexologue, qu'il connaît comme client, pour demander une ordonnance de Viagra : « Pas plus difficile que d'aller acheter ses premiers préservatifs chez un pharmacien à 15 ans », assure-t-il. Le jour J, il avale la petite pilule bleue avant de recevoir son amie. « J'ai juste pris un quart de la dose. Le résultat a été au delà de mes espérances. J'ai pu faire l'amour plusieurs fois dans la nuit avec chaque fois une érection très ferme. Je n'avais jamais eu de problème d'éjaculation précoce, mais là j'ai senti que la jouissance montait beaucoup plus progressivement qu'à l'habitude ».

Quid des effets secondaires ? « Non, rien de désagréable. J'avais juste après chaque rapport, la sensation d'avoir le cœur qui s'emballait légèrement ».

Olivier ne dit rien à sa compagne. Il va utiliser le Viagra pendant les trois premières semaines. Le temps de retrouver totalement sa confiance. « Ensuite j'ai arrêté parce que je ne voulais pas devenir accro. Dans ma tête, le Viagra était une béquille à durée limitée même si lorsqu'on l'a essayé, la tentation d'en avoir toujours sous la main pour éviter la panne est forte. Moi, ce que je recherche, c'est l'équilibre avec quelqu'un. Je n'ai pas eu une vie sentimentale malheureuse mais, avec le recul, je me rends compte que les longues journées de boulot et le stress ont bouffé ma vie. À quarante ans, j'étais un désabusé de l'amour malgré des aventures et quelques expériences courtes de vie en couple. Aujourd'hui, j'ai envie de dédramatiser. En amour, quand on veut trop bien faire, l'échec n'est pas loin. Avec la maturité, j'arrive à me libérer de l'angoisse de la performance. Mais ne nous voilons pas la face : pour un homme, bien bander, c'est le départ de tout. Alors pourquoi se passer de ces produits pour se libérer la tête ? » A-t-il pour autant le sentiment de s'être dopé ? « Non, même si vraiment ça aide tellement qu'à un moment on se sent « le roi de la piste ». Mais c'est vrai que j'ai pris le produit en cachette sans rien dire à ma copine… » Pourquoi ? Embarras de l'intéressé… « Parce qu'au fond je ne voulais pas qu'elle puisse penser une seconde que je prenais du Viagra parce qu'elle ne m'excitait pas assez… »

Hervé Monzat


Docteur Corman : « On peut l'essayer de 18 à 98 ans » Dr André Corman, président des médecins sexologues de France. Rencontre.

LA DÉPÊCHE DU MIDI : Le Viagra a-t-il révolutionné le traitement de l'impuissance ?

André CORMAN : Il a fait beaucoup mieux. Il a permis de booster la connaissance des dysfonctionnements érectiles, de mieux les comprendre et les traiter mais aussi de briser le tabou de la panne sexuelle. En dix ans, j'ai vu des hommes de tous âges pousser la porte de mon cabinet avec le formidable espoir de retrouver une sexualité. Cette médicalisation a permis d'évacuer la honte, mais elle a aussi marqué la reconnaissance de la relation entre vie sexuelle et santé. C'est une idée qui n'est pas toujours facile à faire passer chez les médecins généralistes : beaucoup restreignent la prescription de Viagra aux dysfonctions érectiles organiques. Pour d'autres encore, ne pas avoir d'érection n'est pas une maladie, surtout passé un certain âge.

DDM: Justement y-a-t-il un âge limite ?

A.C. : Non. Il faut arrêter de penser que le Viagra est réservé aux vieux. On peut en prendre de 18 à 98 ans. On sait qu'après 50 ans, 20 à 30 % des hommes souffrent de troubles de l'érection. Mais la grande révolution du Viagra, c'est d'avoir bouleversé le traitement de l'anxiété, la peur de l'échec et l'angoisse de la performance qui concernent tous les hommes. Mon patient le plus âgé a 92 ans. J'ai aussi en consultation un couple de 79 et 81 ans qui veut retrouver une vie sexuelle après trente ans de vaches maigres.

DDM : Le Viagra est-il efficace ?

A.C. : Oui et son effet dure 6 heures après la prise. Ce qui ne signifie pas qu'il provoque une érection en continu comme certains le croient à tort. Mais qu'avec une stimulation, le patient pourra avoir plusieurs rapports.

DDM : Et les effets secondaires ?

A.C. : Les contre-indications concernent les patients atteints de pathologies cardio-respiratoires, ou qui ont subi un infarctus dans les mois précédents. En cas surdosage, le patient peut avoir mal à la tête et risque des chutes de tension. Pour le reste, il faut répéter que c'est un médicament, qu'il ne peut s'administrer sans consultation et sans diagnostic et que ce n'est pas une pilule miracle.

DDM : N'y-t-il pas un risque de dérapage dans le dopage ?

A.C. : Que les gens vivent aujourd'hui la sexualité sous une forme plus récréative est plutôt une bonne nouvelle, et toutes les études le confirment. Mais le Viagran'est pas un dopant de la vie sexuelle : seulement une bonne béquille pour passer un cap difficile. Au fond, le Viagra est plus connu que consommé. Comme le sexe, tout le monde en parle, mais beaucoup moins le pratiquent.

DDM : Le Viagra renvoie à la figure de l'érection, mais ce n'est qu'une figure de la sexualité…

A.C. : C'est un passage primaire. On commence à rétablir l'érection et ensuite on parle de la sexualité dans tous ses aspects.


Pratique Comment ça marche ? Composé de sildénafil, le Viagra, délivré seulement sur ordonnance, est utilisé pour traiter les troubles de l'érection.Il restaure la fonction érectile dans des conditions naturelles - avec une stimulation sexuelle - en augmentant le flux sanguin vers le pénis. Il doit être pris 30 minutes à 1 h avant le rapport sexuel et son délai d'action médian est de 25 minutes. Le Viagra peut entraîner des effets secondaires, il est contre-indiqué chez les hommes souffrant d' un angor (angine de poitrine) sévère ou d'une insuffisance cardiaque grave.


Les autres moyens Le Viagra a désormais des concurrents : le Cialis produit les laboratoires Lily et le Levitra mis sur le marché par Bayer-Glaxosmithkline.

Diverses substances naturelles permettraient ent aussi de donner un « coup de fouet » aux hommes - et aux femmes - souffrant d'une baisse de libido : le fameux « bois bandé » très prisé des Antillais, des produits à base de galanga, une plante indienne censée accroître l'énergie sexuelle, d'autres à base de maca, une plante péruvienne. Les Israéliens étudient le venin de trois araignées sud-africaines dont la piqûre est mortelle mais dont les toxines, à faible dose, donnent, dit-on, de bons résultats!

mercredi 13 mai 2009

Les biberons en plastique interdits dans les crèches toulousaines


En cause, le bisphénol A, une substance qui perturbe le système hormonal. Après la ville de Paris, celle de Toulouse a décidé de retirer tous les biberons en plastique contenant du bisphénol A, une substance chimique soupçonnée de provoquer des perturbations du système endocrinien dans le développement des enfants.
Une décision qui va bien au-delà des recommandations des autorités de santé, en Europe comme en France, et qui pourrait inspirer une application plus large du principe de précaution dans d'autres villes de France sur un sujet très controversé.
Car si les autorités de santé s'appuient sur des rapports plutôt rassurants, d'autres voix scientifiques se font entendre pour réclamer l'interdiction du bisphénol A. C'est le cas du Réseau santé environnement qui regrette que « les études contradictoires » aient été éliminées pour faiblesse méthodologique ». Pourtant elles existent, et c'est sur leurs conclusions que le Canada d'abord, plusieurs états américains ensuite, ont décidé d'interdire ces biberons. Certains par ailleurs, regrettent que les études actuelles portent sur une analyse séparée de toutes les substances chimiques classées à risques : « La réalité c'est que l'on peut parfaitement être en dessous des doses limites sur le bisphénol, mais si on y ajoute les pesticides ou les phtalates également présents dans nombre de produits alimentaires, on est bien au-delà de la norme », souligne Jean-François Narbonne, toxicologue à Bordeaux.
Ce dossier de santé publique est d'autant plus sensible que le bisphénol A, est présent très largement dans tous les emballages et la plasturgie alimentaire avec des risques à long terme qui concerne, cette fois, l'ensemble de la population adulte.

Hervé Monzat

Principe de précaution à Toulouse
« Les études montrent que les dangers sont infimes mais par mesure de précaution nous allons remplacer progressivement les biberons en plastique au bisphénol A », explique Maryse Jardin-Ladam en charge de la petite enfance, à Toulouse. Au total, 5 000 bébés sont concernés. Mesure identique à la crèche du Conseil général de la Haute-Garonne. Dans la région, nombre de villes s'interrogent. À Montauban, les choses sont plus simples : ce sont les parents qui choisissent et fournissent le biberon à la crèche.
Une substance chimique présente partout dans la chaîne alimentaire
Qu'est-ce que le bisphénol A ? Le bisphénol A est un produit chimique que les industriels utilisent très largement dans la fabrication de plastiques de type polycarbonate e notamment dans l'alimentaire. Il rend les matériaux plus résistants aux chocs mais aussi à la chaleur. C'est également un composant des résines utilisées dans les boîtes de conserves pour faire écran entre l'aliment et le métal et éviter l'oxydation de ce dernier.
Comment le BPA se dégrade ? Théoriquement, le bisphénol permet aux plastiques de résister à des températures jusqu'à 145°. Mais, selon certaines études, si à température ambiante il reste stable, sous l'effet de la chaleur ou de l'usure il pourrait se libérer et polluer la chaîne alimentaire.
Où le trouve-t-on ? Ce composé est présent dans quasiment toute la plasturgie utilisée par l'industrie alimentaire. Dans les biberons mais aussi dans les bouteilles d'eau minérales, les sodas, ou encore les boîtes de bières, les boîtes de conserve, les fontaines à eau et dans tous les emballages, les barquettes plastiques de produits préparés. On le trouve également dans le petit électroménager de cuisine, type robot, presse-oranges, hachoir et dans les récipients plastiques de conservation. Le BPA est présent aussi dans les plastiques des lunettes, les CD, les amalgames dentaires, ou les pesticides.
Comment se protéger ? L'idéal pour réduire l'exposition aux risques est d'éviter les produits en polycarbonate désigné par le sigle « PC » sur l'emballage. Facile pour les biberons, plus compliqué pour l'eau minérale. En l'absence de tout signe de reconnaissance choisissez des plastiques opaques qui contrairement aux plastiques transparents ne contiennent a priori pas de BPA.
Évitez le chauffage au micro ondes qui multiplie par plus de 50 la libération du BPA lorsque le produit alimentaire est à ébullition. Évitez aussi le lave-vaisselle : plus un produit est usé, plus il dégagera de BPA.

Que risque-t-on ?<br /> Depuis une quinzaine d'années, des études scientifiques mettent régulièrement en cause les effets du bisphénol A sur les récepteurs hormonaux.
Car à l'usage, cet œstrogène de synthèse se détacherait du plastique à dose infinitésimale pour se mélanger à l'eau, au lait ou aux aliments. Le BPA est suspecté d'être impliqué dans plusieurs cancers, des pathologies de l'hyperactivité de l'enfant et surtout des perturbations graves du système endocrinien en particulier pour les bébés. À la clé, des troubles hormonaux qui pourraient être à l'origine de cas de pubertés précoces chez les filles, une baisse de la de la fertilité chez les garçons.
Des risques pris très au sérieux par les équipes scientifiques. Les premières années de l'enfance sont en effet des périodes de grande vulnérabilité à ces polluants chimiques. D'abord parce que c'est l'âge auquel le système immunitaire se met en place. Ensuite parce que l'enfant dans ses premières années est exposé à une charge toxique équivalente aux adultes pour un poids et une taille bien inférieure.
« Ce sont des mécanismes très complexes avec des conséquences sur la santé qui ne pourront s'apprécier que sur le long terme », explique Jean-Pierre Cravedi, toxicologue à l'INRA de Toulouse.
Mais aujourd'hui les équipes de recherche et notamment le pôle de toxicologie toulousain ont élargi leur champ de recherche bien au-delà des conséquences sur notre système de reproduction :
« On essaie de comprendre comment cette substance est métabolisée par l'organisme et joue sur le système immunitaire. Par exemple, nous nous intéressons au rôle de ces substances dans la survenue de cas d'obésité mais aussi sur la manière dont ces dérèglements hormonaux affectent la thyroïde et pourraient être à l'origine de cancers hormonaux dépendants, comme ceux du sein ou des testicules »

Interview : « Une priorité de recherche »
Faut-il s'inquiéter après les décisions de la mairie de Paris et de Toulouse d'interdire les biberons contenant du bisphénol A ?
Non. Les études sur lesquelles se sont appuyés l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) comme l'Agence française (AFSSA) indiquent qu'il n'y a pas de raisons de s'inquiéter : les doses auxquelles sont exposés les enfants sont très inférieures à celles autorisées.
Les élus ont-ils suréagi en interdisant les biberons au bisphénols ?
Non. Ce n'est pas parce que l'on n'a pas de preuves scientifiques aujourd'hui qu'il n'y a aucun danger pour les bébés. Nous sommes dans une phase de découverte de l'action de ces perturbateurs endocriniens sur la santé - et notamment celle des jeunes enfants - et la réaction des élus procède normalement du principe de précaution : c'est parce que l'on a des doutes que l'on réduit mécaniquement l'exposition aux risques en retirant ces biberons.
L'étude de ces perturbateurs endocriniens est-elle une priorité de votre laboratoire ?
Pour nous et beaucoup d'autres puisque de nombreuses équipes travaillent sur ce sujet dans le monde. Le pôle de toxicologie alimentaire de l'INRA à Toulouse est aujourd'hui très mobilisé : plus d'un quart de nos chercheurs travaillent là dessus et une dizaine sur les effets du bisphénol A sur la santé.

vendredi 13 mars 2009

Les médecins se rebiffent contre le testing

En 2007, 500 refus de soins ont été signalés à l’assurance-maladie. Le gouvernement a décidé de serrer la vis et d’inscrire le testing auprès des professionnels de santé dans la loi. Un procédé qui soulève beaucoup d’indignation et de question.

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lundi 23 février 2009

Vin : au premier verre bonjour les dégats : le rapport qui fait mal

Des dispositions visant à limiter les dégustations contenu dans la loi " Hôpital santé et territoire" et une déclaration de l'Institut national cancer selon laquelle le vin serait dangereux au premier verre inquiétent beaucoup les professionnels de la filière viticole

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jeudi 5 février 2009

Transparence des honoraires : LES TARIFS DES PRATICIENS EN LIGNE

Président de la Mutualité Française Midi-Pyrénées, Pierre-Jean GRACIA réagit à la la mise en ligne des tarifs des consultations pour des actes techniques sur le site AMELI de l'Assurance maladie. Pour lui il s'agit bien d' une nouvelle étape vers la transparence tarifaire liée aux dépassements d’honoraires. Mais si cette transparence est nécessaire, elle n’est néanmoins pas suffisante, au regard des inégalités alarmantes que peuvent entraîner de telles pratiques.

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mardi 6 janvier 2009

Inégaux face à la santé

Un remarquable ouvrage écrit par trois épidémiologistes de l'INSERM montre que notre systéme de soins loi de réduire les inégalités parfois les aggrave.

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vendredi 27 juin 2008

pharmaciens :profession en danger

Demain les grandes surfaces pourraient vendre certains médicaments.

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mercredi 25 juin 2008

Dépassements d'honoraires :abus sur ordonnances

La facture des dépassements d’honoraires des médecins a explosé. Les associations de patients dénoncent une médecine à deux vitesses.

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mercredi 7 mai 2008

BIBERONS EN PLASTIQUE ATTENTION DANGER

Faut-il interdire les biberons en plastique? C’est la question que se posent très sérieusement le gouvernement canadien au vu des derniers rapports scientifiques mettant en cause le bisphénol A (PBA), une substance chimique qui serait à l’origine de perturbations endocriniennes dans le développement des enfants. À la clef, des troubles hormonaux à l’origine de cas de pubertés précoces chez les filles, une baisse de la fertilité des garçons et des troubles du comportement. L’affaire n’est pas nouvelle. Depuis une quinzaine d’années des dizaines de rapports internationaux ont souligné les effets néfastes de ces produits chimiques qui ont envahi notre quotidien. Récipients divers, tasses, assiettes: le plastique est partout. Et les bisphénols que l’on retrouve aussi dans les boîtes de conserves ne sont pas les seuls en cause. Il y aussi les phtalates dans les bouteilles d’eau minérales ou les PCB qui, 20 ans après leur interdiction, sont encore très présents dans nos fleuves ou dans les saumons que l’on consomme. L’affaire du bisphénol qui ressurgit aujourd’hui vient donc relancer les interrogations sur les conséquences sanitaires de l’utilisation de ces produits. Aux États-Unis, seule la Californie a pour le moment pris une décision d’interdiction mais plusieurs élus démocrates veulent relancer le débat au niveau fédéral sur les dangers de ces produits pour les bébés. De l’autre côté de l’Atlantique, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) envisage de procéder à une réévaluation des effets de cette substance. Bruxelles a déjà interdit la présence du BPA et des phtalates dans les jouets et les articles de puéricultrices. Les biberons en plastique s’ajouteront-ils à la liste au nom du principe de précaution? Anne Corinne Zimmer, une journaliste indépendante n’est pas loin de la penser quand elle prône le retour au biberon en verre (Lire ci-dessous). «Certains experts parlent aujourd’hui clairement de pandémie silencieuse à propos de l’impact sanitaire de ces produits chimiques. Comment expliquer, par exemple, l’augmentation de 30 % des cancers pédiatriques depuis le début des années 1980?» .HERVE MONZAT

Depuis plusieurs années le pôle de toxicologie alimentaire de l’Institut national de recherche agronomique (INRA) de Toulouse travaille sur les effets de ces produits chimiques sur l’organisme. « Nous savons aujourd’hui que ces œstrogènes peuvent provoquer des perturbations endocriennes. Il est clair que ces produits migrent dans l’alimentation et que même à faible doses ils ont des effets . Mais c’est le degré d’exposition et l’effet d’accumulation qui peuvent être dangereux. Pour le moment , en l’absence d’une grande enquête épidémiologique nous sommes encore dans une phase d’exploration pour essayer de définir à partir de recherche chez l’animal les doses admissibles par l’homme», raconte Eric Houdeau chercheur à l’INRA _

_INTERVIEW__ Anne-Corinne Zimmer est journaliste indépendante. Elle a publié « Polluants chimiques, enfants danger». Editions de l’Atelier.

Les biberons en plastique sont-ils dangereux pour la santé des bébés? Depuis une quinzaine d’années des études internationales mettent régulièrement en avant les effets néfastes du bisphénol A sur les récepteurs hormonaux. À l’usage cet œstrogène de synthèse se «détache» du plastique à doses infinitésimales pour se retrouver dans le lait, l’eau ou le jus de fruit. Ce produit serait à l’origine de perturbations du système endocrinien du bébé avec pour conséquences des pubertés précoces chez les filles une baisse de la production de spermatozoïdes chez les garçons, mais aussi des troubles du comportement chez l’enfant . Réchauffer un biberon en plastique augmente-t-il les risques? On sait de manière sûre que sous l’effet de la chaleur la migration du bisphénol A vers le contenu du biberon est plus importante. L’Agence européenne de sécurité des aliments en est d’ailleurs consciente, puisque dans son dernier rapport, elle recommande d’intégrer les effets du chauffage des biberons au four à micro-ondes dans les nouvelles études de toxicité. Faut-il interdire les biberons en plastique comme l’envisage le Canada? En tout cas il faut informer les consommateurs et sans doute faire pression sur l’industrie pour qu’elle n’utilise plus le PBA que l’on retrouve dans la quasi-totalité des gammes de biberons plastique. À ma connaissance, une seule marque n’utilise plus ce produit. La meilleure alternative aujourd’hui, c’est de revenir en biberon en verre. Les enfants sont-ils plus exposés que les adultes aux perturbateurs endocriniens? Les premières années de l’enfance sont des périodes de très grande vulnérabilité à ces polluants chimiques. D’abord parce que le système endocrinien et immunitaire se met en place; ensuite parce que l’enfant subit une charge neurotoxique équivalente à des adultes pour un poids et une taille bien inférieures. Recueilli par H. M.

mardi 15 avril 2008

SCANDALE DU VIOXX

Les risques de décès liés à l'anti-inflammatoire Vioxx du laboratoire Merck dans deux essais cliniques conduits en 2000/2001 avec des patients atteints d'Alzheimer auraient été minimisés à dessein, selon une étude parue le mardi 15 avril rapportée par l'AFP

Une comparaison des données internes du laboratoire américain en 2001 avec les résultats de ces essais cliniques rendus publics en 2004 et 2005 révèle "que la présentation de Merck quant au risque de décès lié au Vioxx chez des malades souffrant d'Alzheimer pourrait avoir été minimisé à dessein", écrivent les auteurs. Merck avait volontairement retiré le Vioxx du marché mondial en septembre 2004 après qu'une étude menée par le laboratoire eut montré que l'anti-inflammatoire non-stéroïdien doublait le risque d'accidents cardiovasculaires graves ou mortels après 18 mois d'utilisation quotidienne. Dans le document interne de Merck datant de 2001 et obtenu dans le cadre des procédures judiciaires auxquelles est confrontée le laboratoire avec le Vioxx, les deux essais cliniques indiquent un triplement du risque de décès avec l'anti-inflammatoire chez les malades souffrant d'Alzheimer. L'analyse des résultats des deux essais cliniques, qui ont porté sur 3.000 personnes, ne mentionnait pas ces données de mortalité, faisant ressortir un risque nettement moindre qui rendait le Vioxx très acceptable par rapport à son efficacité, expliquent les auteurs de ces travaux. Une analyse à grande échelle publiée en novembre 2004 dans la revue médicale britannique The Lancet concluait que le Vioxx aurait dû être retiré du marché des années auparavant alors que les risques cardiovasculaires posés par ce médicament étaient déjà connus. Plus grave : Le laboratoire américain utilisait souvent ses propres employés, des "nègres" et des prête-noms pour rédiger des études cliniques et autres articles sur le Vioxx. Ces études et essais cliniques étaient parfois attribués à un chercheur reconnu ayant peu à voir avec ces travaux ou ne révélant pas toujours un financement reçu du laboratoire, affirment les auteurs de cette analyse publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) daté du 16 avril. Ces médecins, dont le Dr Joseph Ross, de la faculté de médecine Mount Sinai à New York, ont examiné une série d'articles médicaux publiés sur le Vioxx (rofecoxib), un anti-inflammatoire non-stéroïdien lié à une forte augmentation des accidents cardio-vasculaires dont 30 à 40% mortels. "Ces documents indiquent également que les firmes de publication médicale fournissaient des brouillons quasiment complets de manuscrits prêts à être édités par les auteurs", précise le Dr Ross. Selon la FDA, le Vioxx a été responsable de 88.000 à 139.000 attaques cardiaques dont de 30 à 40% ont été probablement fatales pendant les cinq ans de commercialisation de l'anti-inflammatoire. Merck est parvenu en 2007 à un réglement collectif avec la plupart des plaignants pour 4,85 milliards de dollars

En France, la justice n'a pas jugé recevables les plaintes des victimes françaises et notamment celle de Nicole, une Toulousaine (lire ci-dessous).

témoignage

Nicole : « Je veux savoir si le Vioxx a tué mon mari» « Le matin, il s'était réveillé en forme. On avait skié toute la matinée dans les Pyrénées. C'est au moment du repas qu'il a senti une vive douleur dans la poitrine et dans le bras. Le médecin nous a demandé de venir consulter en urgence. Mon mari est mort dans la voiture. Quand le Samu est arrivé, malgré un massage cardiaque que je lui avais prodigué, il n'y avait plus rien à faire… »

Trois ans après, Nicole, une Toulousaine de 54 ans, est toujours sous le choc. Avec une question lancinante : « Je veux savoir si le Vioxx a tué mon mari. Il souffrait d'arthrose cervicale et prenait des anti-inflammatoires depuis des années. Quand ce médicament est arrivé, on nous l'a présenté comme la pilule miracle. Il en a pris pendant six mois. Et quand on a appris que ce médicament pouvait, dans certains cas, provoquer des accidents cardiaques, on a tout stoppé. C'était en octobre 2003. Il est mort en janvier 2004. »

Pour Nicole et ses enfants, impossible de ne pas faire le rapprochement d'autant que, neuf mois plus tard, le Vioxx sera retiré du marché. « La mort de mon mari a été tellement brutale que, pour faire le deuil, il nous fallait comprendre. Mon fils est allé sur Internet et là il a trouvé des études scientifiques qui mettaient en cause ce médicament. Il a trouvé des témoignages de familles qui racontaient exactement la même chose que ce qui est arrivé à mon mari. Si on avait été alertés plus tôt sur les risques, mon mari aurait pu faire l'objet d'une surveillance cardiaque et peut-être il serait encore là. En tout cas, il avait fait un bilan cardiaque avant de prendre du Vioxx et tout allait bien. Mon mari était sportif, il courait même des marathons ». Aujourd'hui Nicole, qui travaille dans le milieu médical, est partagée entre l'incrédulité et la colère : « Je n'en veux pas au médecin qui a prescrit le Vioxx à mon mari. Mais j'ai le sentiment qu'en France, les toubibs ont tendance à prescrire trop et trop vite, souvent en minimisant les risques. C'est pour cela que nous avons rejoint l'Association des victimes d'accidents médicamenteux. La justice française n'a pas reçu notre plainte mais nous espérons beaucoup d'une procédure en nom collectif engagée aux États-Unis contre le laboratoire. Pour enfin connaître la vérité… » Propos recueillis par Hervé Monzat

mardi 8 avril 2008

Médicament : la bataille des prix

Entre les pharmaciens et la grande distribution, la fièvre monte. Leclerc veut vendre des médicaments 25 % moins cher. En coulisses, la bataille des prix sur les produits déremboursés fait rage.
Dans le secteur du médicament, la guerre des prix a commencé. Et c’est une drôle de bataille que s’apprêtent à se livrer les pharmaciens, la grande distribution et les pouvoirs publics.
Dans le secteur du médicament, la guerre des prix a commencé. Et c’est une drôle de bataille que s’apprêtent à se livrer les pharmaciens, la grande distribution et les pouvoirs publics.
Principal enjeu, la baisse des prix mais aussi l’allègement des remboursements de l’Assurance maladie dont le déficit dépasse les 6 milliards d’euros. Un déficit jugé «inacceptable» hier par Éric Woerth le ministre du Budget qui épingle, notamment, le poste médicament et exige de la Sécu quelque 5 milliards d’euros d’économie. Il faut dire qu’avec une facture de 284 euros par an et par habitant, les Français sont les plus gros consommateurs de médicaments en Europe. Une facture qui coûte cher à l’Assurance-maladie: plus de 20 milliards d’euros, soit le tiers des dépenses de soins de ville. Comment faire baisser la facture? En augmentant la pression sur les médecins pour qu’ils prescrivent mieux et moins comme le suggère l’assurance maladie? Possible mais difficile dans un pays où la liberté de prescription des médecins est sacrée et où 90 % des consultations se terminent par une ordonnance.
Ou, deuxième piste, en jouant la concurrence entre les officines pour faire baisser le prix des médicaments ? C’est la voie, semble-t-il, choisie par le gouvernement.
En janvier dernier, Roselyne Bachelot a proposé que les médicaments délivrables sans prescriptions soient mis en libre-service dans les pharmacies d’ici fin 2008. 200 produits seraient concernés dans un premier temps (lire ci-dessous), mais à terme c’est pas moins de 3000 spécialités qui pourraient être éligibles selon la ministre de la Santé.
De la vente en libre-service dans les officines à la distribution de spécialités pharmaceutiques dans les grandes surfaces, il n’y a qu’un pas que Michel-Edouard Leclerc a vite franchi en proposant de distribuer ces médicaments 25 % moins cher. Le patron des grandes surfaces éponymes s’offre même une sulfureuse campagne de pub sur TF1 et M6 mais aussi dans les journaux pour mettre la pression sur les pouvoirs publics.
À quand pour «deux boîtes achetées, la troisième gratuite?»
C’est cette logique commerciale que le Collectif national des pharmaciens d’officine a dénoncée hier en soulignant la dangerosité d’une banalisation des médicaments.
"Au moment où l'on met en place le dossier médical partagé pour assurer un plus de sécurité aux patients on agite le chiffon rouge de la grande distribution ou des produits délivrés dans nos officines en libre service. C'est dangereux . Aux Etats-Unis une étude a établi que, chaque mois, c'est quelques 450 personnes, l'équivalent d'un Boeing, qui décédaient après l'absoption de médicaments achetés en libre service ; en cause notamment des antalgiques d'usage courant qui avaient provoqué des accidents hépatiques ", raconte Jean-Louis Cazanave, pharmacien à Toulouse Pour le moment, Roselyne Bachelot s’est engagée à préserver le monopole des pharmaciens. Mais jusqu’à quand?
Hervé Monzat

jeudi 13 mars 2008

Sexe : les femmes sans tabous

L'homme n'est plus une bête assoiffée de sexe et la femme une douce colombe en recherche permanente de bon sentiment amoureux. L'image est sans doute caricaturale mais elle résume assez bien la passionnante « Enquête sur la sexualité en France » réalisée par des chercheurs de l'Ined et de l'Inserm.

Car ce que révèle cette étude - troisième du genre après celles menées en 1970 et 1 992 - c'est que les femmes se rattrapent pour ne pas dire s'émancipent de la toute puissance du désir masculin. Longtemps soumises au désir de l'homme, elles ont aujourd'hui des pratiques - toutes générations confondues - qui se rapprochent singulièrement de celles des hommes en matière de précocité des rapports, de nombre de partenaires, de pratiques récréatives mais aussi de longévité sexuelle.

Les filles (17,6 ans) rattrapent les garçons (17,2) pour l'âge du premier rapport sexuel. En un demi-siècle, l'entrée dans la vie sexuelle des hommes s'est abaissée d'un an et demi et celle des femmes de trois ans. Les femmes de plus de 50 ans vivant en couple sont plus actives sexuellement : en 1970, une sur deux avait des rapports sexuels avec son mari (compagnon) aujourd'hui c'est neuf sur dix.

Les femmes déclarent plus de partenaires qu'autrefois (en moyenne 4,4 en 2006), mais toujours moins que les hommes (11,6, chiffre stable depuis 1970). Elles sont aussi plus nombreuses qu'avant à déclarer avoir eu des rapports homosexuels au cours de leur vie (4 % contre 2,6 % en 1992) alors que la proportion reste similaire chez les hommes (4,1 %). « On est aujourd'hui dans une sexualité sans tabou », confirme André Corman, sexologue toulousain (lire ci-dessous). Héritage de mai 1968 dont on s'apprête à célébrer le 40e anniversaire ? Les auteurs de cette étude conduite sur quelque 12 000 Français de 18 à 69 ans ne l'excluent pas. Mais ils insistent surtout sur la révolution apportée par la contraception qui en libérant les ventres de l'angoisse d'une grossesse non désirée a permis aussi une large déculpabilisation des pratiques sexuelles.

« Enquête sur la sexualité en France », Éditions La Découverte, 30 euros. 90% sont satisfaits!

Petit résumé de ce que révèle cette étude sur les pratiques sexuelles des Français.

Masturbation : 90% des hommes s'y adonnent, 60% des femmes.

Fellation : Entrée dans les mœurs sexuelles lors de la dernière décennie , 2/3 des femmes la pratiquent, 85% des hommes le cunnilingus, tandis que 37% des femmes et 45% des hommes ont déjà fait l'expérience de la pénétration anale.

Internet : 10% des femmes et13% des hommes s'y rencontrent.

Nombre de rapports : les femmes comme les hommes déclarent neuf rapports par mois. Et s'en disent satisfait à ...90%. «En plein désordre amoureux»

Installé à Toulouse, André Corman est président du syndicat national des médecins sexologues.

Est-ce qu'il y a un décalage entre les conclusions de cette enquête et ce que vous entendez dans l'intimité de votre cabinet ?

Non, cette étude confirme une évolution lente amorcée il y a une trentaine d'années mais qui constitue aujourd'hui un changement lourd dans les pratiques sexuelles des Français : les femmes abordent désormais la sexualité plus dans la recherche du plaisir que dans l'engagement, n'hésitent pas à s'offrir des sex-toys et se montrent même plus ouvertes que les hommes à l'expérience homosexuelle.

Voit-on de nouvelles pratiques sexuelles apparaître ?

Le point positif, c'est une sexualité de moins en moins diabolisée, plus libérée dans ses pratiques, avec au bout pas, forcément une « figure imposée » : une femme sur cinq et un homme sur trois confient aujourd'hui des rapports sans pénétration. C'est la rançon du safe sex et des années Sida mais aussi la consécration des préliminaires.

Et les hommes dans tout cela ?

Pour résumer, avant, c'était toujours l'homme qui avait envie et la femme mal à la tête. Aujourd'hui un homme sollicité crûment par sa partenaire a toutes les chances de ne pas y arriver, parce qu'il va se sentir enfermé dans l'angoisse de la panne sexuelle. Au fond, le revers de cette nouvelle exigence d'une vie sexuelle épanouie, c'est un nouveau désordre amoureux avec des hommes en recherche de nouveaux repères et des femmes qui rêvent toujours de conjuguer le sexe et les sentiments. Recueillis par H.M.

mardi 22 janvier 2008

Diabète : l'épidémie galopante qui inquiète

L'Assurance maladie a présenté mardi 22 janvier un programme d'accompagnement des personnes diabétiques, proposé dans un premier temps à 136.000 patients dans 10 départements. Baptisé sophia, ce service à la personne s'inscrit dans le plan ministériel présenté en 2007 pour améliorer la qualité de vie des quelque 15 millions de Français atteints de maladies chroniques, a précisé le Dr Dominique de Penanster (ministère de la Santé).

L'expérimentation dans 10 départements (Seine-Saint-Denis, Sarthe, Loiret, Puy-de-Dôme, Alpes-Maritimes, Ariège, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Gers, Tarn) fera l'objet d'une évaluation par un organisme indépendant. Une première vague d'adhésion sera lancée en mars auprès de 90.000 patients, puis une 2e vague en septembre. 6.000 médecins traitants seront concernés.  Le coût global du programme est évalué à 10 millions d'euros par an.

Trois millions de malades en France, plus de 100 000 nouveaux cas par an, en particulier chez les jeunes, la progression du diabète pose un grave problème de santé publique en France.

Midi-Pyrénées n'échappe pas à la règle : en huit ans, le nombre de cas a presque doublé, passant de 60 000 à plus de 100 000 aujourd'hui, soit 5 000 nouveaux cas par an. D'où l'importance du programme national d'accompagnement dont va bénéficier la région à partir de 2008. Un programme expérimental qui va concerner cinq départements - le Tarn, l'Ariège, le Gers, les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne - et plus de trente mille patients. L'information a été officialisée lors de la 5e édition du Salon du Diabète en novembre dernier à Toulouse par l'Association française des diabétiques et l'Assurance maladie, partenaire dans cette opération.

« C'est une véritable opportunité pour les malades de la région qui vont bénéficier de ce programme », explique le Tarnais Gérard Raymond, président national de l'Association française des diabétiques. « C'est important parce que le diabète n'est pas une maladie comme les autres : il faut apprendre à se surveiller en permanence pour la combattre et non la subir. »

Le Dr Michel Combier fait partie du conseil scientifique qui va diriger ce programme : « Le médecin ne peut pas être derrière tous les malades. C e programme va associer le réseau d'infirmières et d'autres professions paramédicales pour délivrer en continu par des fiches ou entretenir une relation téléphonique personnalisée et en continu vers les patients », précise le médecin toulousain.

Conseils sur l'alimentation, exercice physique, examen cardiaque ou ophtalmologique réguliers sont essentiels pour éviter des complications qui peuvent être dramatiques pour le patient et très coûteuses pour l'Assurance maladie : « Il est important que les patients se sentent acteurs de leur propre santé. Parce qu'un diabète qui tourne mal peut avoir des conséquences très graves sur les yeux, les reins ou le cœur des patients. Derrière, il peut se retrouver aveugle, en dialyse, avec des problèmes cardiaques et même des amputations », explique Florence Ocelin pour l'Assurance maladie.

Un tiers des malades de la région, soit 30 000 environ, pourront s'appuyer sur ce réseau de surveillance. Pour apprivoiser la maladie et ses complications.

Témoignage. « Ma vie a basculé en quelques heures»


Tout a commencé par une grosse fatigue, une perte de poids importante (10 kg) et une sensation de soif insatiable. Une prise de sang a suffi pour faire le diagnostic : diabète de type 1, normalement d'origine génétique. Sauf qu'Andy, 22 ans, journaliste, n'a pas d'antécédents familiaux. Il a reçu le diagnostic par téléphone en août dernier et une invitation à se rendre à l'hôpital pour prise en charge immédiate.

« J'ai quitté mon boulot dans la seconde et j'ai compris tout de suite que ma vie aller changer, que plus rien ne serait tout à fait comme avant. J'avais la rage. Je me disais pourquoi moi ? Dans ma tête, le diabète c'était la maladie des vieux qui mangeaient trop de sucre », raconte ce jeune Bigourdan, rugbyman, amateur de fiesta et de bodegas.

De l'hôpital, il en ressortira trois jours plus tard, après avoir été solidement briefé par l'équipe médicale : cinq à six tests glycémiques par jour, quatre piqûres quotidiennes mais surtout une vigilance de tous les instants. « Dans ma nouvelle vie, il n'y a pas de place pour l'imprévu. Et tout est plus compliqué quand je ne suis plus chez moi. Par exemple, plus question d'aller au restaurant sans mallette pour surveiller mon taux d'insuline. C'est vraiment la première grande difficulté que j'ai éprouvée. Être obligé de me piquer quand je suis avec mes copains. Je craignais leur regard, leurs réactions : pourtant tout le monde a bien réagi. Après, rien n'est interdit. Je peux manger de tout à condition de manger équilibré. Par contre, je ne peux plus me lâcher : dès que je bois, je me teste toutes les heures ».

Pareil pour le sport : il peut pratiquer mais en anticipant par des prises de sucre. « J'ai pris conscience de la fragilité de mon corps et de ma nouvelle identité de diabétique. A 22 ans, ce que j'espère, c'est que la recherche va sérieusement se pencher sur cette maladie pour en sortir ».